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Le point hebdo des marchés

il y a 1 jour
7 min de lecture

Choc énergétique, banques centrales et dette française

Les Houthis ont pris l’île de Perim puis le port de Mocha, renforçant leur emprise sur les abords du détroit stratégique de Bab el-Mandeb. Ils ont désormais revendiqué des attaques de missiles et de drones contre des sites « sensibles » à Riyad ainsi que contre une installation d’Aramco à Yanbu, important terminal pétrolier sur la mer Rouge. La coalition saoudienne affirme avoir intercepté un missile visant la capitale et déjoué plusieurs autres frappes. Riyad, qui a riposté par plus de 300 raids aériens au Yémen en une semaine, a demandé à la Chine d’intervenir auprès de l’Iran. Pékin a un intérêt direct à la désescalade : environ la moitié de ses importations pétrolières provient du Moyen-Orient et plus de 80 % des exportations maritimes iraniennes de brut lui étaient destinées en 2025. La progression des Houthis menace ainsi la capitale saoudienne, les infrastructures pétrolières et la principale voie permettant de contourner le détroit d’Ormuz.

  UE - CANADA  

Ursula von der Leyen a proposé de faire du Canada le premier « membre associé » de l’Union européenne, avec une coopération renforcée dans la défense, les technologies, l’Arctique, l’énergie, les matières premières critiques et la sécurité économique. Donald Trump a prévenu qu’une approbation européenne serait considérée comme un « acte hostile » et menacé d’imposer de lourds droits de douane, voire de suspendre certains échanges avec l’Europe. Mark Carney a néanmoins défendu le projet devant le Parlement européen, estimant qu’un Canada plus proche de l’Union deviendrait également un meilleur partenaire pour les États-Unis. Sa mise en œuvre reste très incertaine : ce statut juridique n’existe pas et plusieurs capitales, dont Berlin, refusent de créer une catégorie susceptible de constituer un précédent. Elles rappellent aussi que l’accord commercial CETA de 2017 n’est toujours pas intégralement appliqué. Le projet pourrait donc déboucher sur un partenariat stratégique approfondi plutôt que sur une véritable forme d’adhésion à l’Union européenne.

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  ENTREPRISES  

OpenAI–Anthropic — Les deux rivaux veulent ralentir les modèles avancés... Anthropic ouvre un laboratoire de biologie

OpenAI et Anthropic appellent à ralentir le développement des modèles d’intelligence artificielle les plus puissants et à renforcer les évaluations réalisées par des organismes extérieurs. OpenAI affirme avoir déjà suspendu certains entraînements avancés, tandis qu’Anthropic prévoit d’accueillir prochainement un évaluateur indépendant. La mise en œuvre reste toutefois limitée : accorder à des tiers un accès comparable à celui des salariés pourrait exposer des technologies stratégiques, des données sensibles et la propriété intellectuelle des laboratoires. Dans le même temps, Anthropic a créé un laboratoire de biologie dans la région de San Francisco. L’entreprise veut permettre à Claude de piloter des équipements robotisés et de conduire des expériences physiques sous supervision humaine. Elle a également lancé Claude Science, racheté Coefficient Bio et nommé le directeur général de Novartis à son conseil d’administration. Le rapprochement de ces deux actualités illustre la tension entre la volonté de ralentir les systèmes les plus risqués et l’accélération de leurs applications scientifiques. 


Automobile — Toyota, General Motors et Ford demandent à Trump de maintenir les constructeurs chinois hors du marché américain

Une semaine après que Donald Trump s’est déclaré prêt à accueillir des usines automobiles chinoises, Toyota, General Motors et Ford lui demandent de maintenir les restrictions actuelles. Ils ont rejoint une coalition de constructeurs, d’équipementiers et de concessionnaires qui estime que l’implantation de groupes chinois aux États-Unis créerait des risques économiques et de sécurité, sans garantir les emplois recherchés par l’administration. Leur lettre, datée du 17 septembre, a été envoyée avant la rencontre prévue entre Donald Trump et Xi Jinping. Les constructeurs redoutent qu’un accord commercial permette à leurs concurrents chinois de contourner les restrictions à l’importation en produisant directement sur le territoire américain. L’industrie cherche ainsi à conserver une protection qui lui laisse davantage de temps pour améliorer sa compétitivité, alors que les groupes chinois disposent d’une forte avance dans les véhicules électriques, les batteries et les coûts de production. À ce stade, la réglementation américaine reste inchangée et interdit toujours de fait l’entrée de ces constructeurs sur le marché.


Berkshire Hathaway — Warren Buffett quitte la présidence, son fils Howard lui succède

Warren Buffett quitte immédiatement la présidence de Berkshire Hathaway, neuf mois après avoir transmis la direction générale à Greg Abel. Son fils Howard, administrateur depuis 1993, devient président sans exercer de fonctions opérationnelles : sa mission principale sera de préserver la culture et le modèle décentralisé du conglomérat. Warren Buffett, âgé de 96 ans, reste administrateur avec le titre de président émérite. Cette transition achève un règne commencé en 1965, durant lequel il a transformé une entreprise textile en difficulté en un groupe valorisé 1 100 milliards de dollars. L’enjeu opérationnel reste entre les mains de Greg Abel, qui devra notamment allouer 365,5 milliards de dollars de liquidités. Berkshire a enregistré au deuxième trimestre un bénéfice opérationnel de 12,98 milliards de dollars, en hausse de 16 %. 


• Nike — Alexandre Arnault rejoint le conseil d’administration alors que l’action est au plus bas depuis douze ans

Nike a nommé Alexandre Arnault à son conseil d’administration alors que le premier équipementier sportif mondial tente de relancer ses ventes et que son action évolue à son plus bas niveau depuis douze ans. Directeur général délégué de Moët Hennessy depuis 2025, le fils de Bernard Arnault a auparavant dirigé Rimowa et supervisé chez Tiffany les produits, la communication et plusieurs collaborations avec la NBA et Nike. Son parcours combine repositionnement de marques haut de gamme, marketing auprès d’une clientèle plus jeune et rapprochement entre luxe et sport. Nike cherche à corriger sa dépendance excessive à d’anciens modèles ainsi que les effets de sa stratégie de vente directe, qui lui a fait perdre de la visibilité chez certains distributeurs. Cette nomination prolonge parallèlement l’offensive de LVMH dans le sport, après les Jeux olympiques de Paris, la Formule 1 et l’acquisition du Paris FC par la famille Arnault. Elle intervient au moment où le directeur général Elliott Hill mène le redressement du groupe.

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ALLEMAGNE

Après son succès en Saxe-Anhalt le 6 septembre, l’Alternative pour l’Allemagne arrive en tête d’un nouveau scrutin régional dans le nord-est du pays, avec 37 % des voix. Le parti d’extrême droite devance de peu le SPD, qui recueille 35,5 % des voix. Il ne devrait toutefois pas gouverner, les autres partis refusant de former une coalition avec lui. La CDU de Friedrich Merz obtient seulement 5,5 % et échappe de peu à l’exclusion du Parlement régional. S’il est confirmé, ce résultat serait son plus mauvais dans une région allemande depuis 1949. À Berlin, la gauche radicale arrive en tête avec 24,5 %, devant la CDU à 20 %, tandis que l’AfD progresse à 16 %. Merz a qualifié ces résultats de « désastre ». Parallèlement, des responsables de l’AfD préparent une rencontre avec Kirill Dmitriev, conseiller économique de Vladimir Poutine, pour étudier une reprise du gaz russe et une éventuelle réouverture de Nord Stream.

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ETATS-UNIS

La Réserve fédérale a relevé son taux directeur de 25 points de base, sa première hausse depuis 2023, confirmant le scénario que les marchés anticipaient la semaine dernière. La décision a été prise à l’unanimité malgré les demandes répétées de Donald Trump en faveur de taux à 1 % ou moins. L’inflation PCE atteint 3,7 %, sous l’effet du pétrole, des droits de douane et de la hausse des coûts industriels. Douze membres de la Fed prévoient une nouvelle hausse cette année et quatre en anticipent deux. Le rendement du Treasury à dix ans a parallèlement franchi 5 %, avant de revenir à 4,95 %, tandis que les crédits immobiliers approchent 6,8 %. Ces niveaux renchérissent le financement des ménages et des entreprises et pourraient peser sur les investissements dans l’intelligence artificielle. Kevin Warsh restaure ainsi la crédibilité anti-inflationniste de la Fed, au risque d’accentuer le durcissement des conditions financières avant les élections de mi-mandat.

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BCE

Christine Lagarde a confirmé qu’elle quitterait la présidence de la BCE en 2027, sans garantir qu’elle irait jusqu’au terme officiel de son mandat en octobre. Interrogée précisément sur cette échéance, elle a répondu « nous verrons », entretenant les rumeurs d’un départ anticipé apparues ces derniers mois. La France serait prête à soutenir la candidature du Néerlandais Klaas Knot à sa succession, dans le cadre d’un accord qui permettrait à un Français d’accéder au poste d’économiste en chef de la BCE. Aucun calendrier n’est toutefois arrêté et Christine Lagarde a seulement assuré que la transition serait organisée de manière professionnelle. Cette incertitude intervient au moment où la BCE doit poursuivre son resserrement monétaire face au choc énergétique. Le choix du prochain président pourrait donc influer sur la trajectoire future des taux et sur la communication de l’institution, même si les décisions continuent d’être prises collectivement par le Conseil des gouverneurs.

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FRANCE

Malgré les 54 milliards d’euros d’efforts budgétaires annoncés pour 2027, la défiance des investisseurs persiste. L’écart de taux à dix ans avec l’Allemagne a atteint 104 points de base, un sommet depuis 2012. La France emprunte désormais plus cher que l’Italie et la Grèce. Le gouvernement prévoit un déficit de 5,4 % du PIB en 2026, puis de 5 % en 2027. La charge d’intérêts devrait avoisiner 78 milliards d’euros cette année et pourrait dépasser 100 milliards dès 2028. En 2027, le coût moyen de la dette pourrait dépasser la croissance de l’économie, inflation comprise : cet « effet boule de neige » ferait augmenter le ratio dette/PIB, même avec un budget équilibré hors intérêts. À cette fragilité s’ajoute un risque de marché : en cas de tensions, les fonds spéculatifs utilisant l’effet de levier pourraient être contraints de vendre leurs obligations, accentuant ainsi la hausse des taux.

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Lundi 21 septembre

EUR - 17H00 - Discours de C.Lagarde

Mardi 22 septembre

EUR - 13H00 - Discours de C.Lagarde

USA - 16H05 - Discours de Williams, membre du FOMC

Mercredi 23 septembre

FRA - 09H15 - PMI Manufacturier (Septembre)

FRA - 09H15 - PMI Services (Septembre)

USA - 15H45 - PMI Manufacturier (Septembre)

Jeudi 24 septembre

USA - 14H30 - Inscription hebdomadaire au chômage

USA - 16H00 - Vente de logement neufs (Août)

Vendredi 25 septembre

ESP - 09H00 - PIB de l'Espagne (Trimestre 2)

UK - 11H15 - Le gouverneur Bailey de la BoE s'exprime





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