Le point hebdo des marchés
Le monde négocie, les taux montent |
Donald Trump a rejeté samedi le plan de paix iranien transmis par le Qatar, y voyant l'aveu d'un régime aux abois. Téhéran proposait une pause des combats et sept jours pour rouvrir le détroit d'Ormuz, avant des discussions plus larges. Washington lui reproche d'exiger d'emblée la levée des sanctions et le dégel de ses avoirs contre une simple promesse de négocier. La porte n'est pas close pour autant : le président américain attend de nouveaux pourparlers cette semaine. Côté iranien, Abbas Araqchi rappelle qu'aucun refus officiel n'a été transmis et que la réouverture du détroit reste suspendue à ses conditions. Le président Pezeshkian se dit prêt à discuter du nucléaire, mais pas sous la contrainte. |

ETATS-UNIS - CHINE La première visite de Xi Jinping à Washington depuis plus de dix ans aura surtout servi à gagner du temps. Dès l'ouverture de ces trois jours d'échanges, le Trésor américain a annoncé la prolongation de la trêve commerciale de deux mois, jusqu'au 10 janvier. L'escalade tarifaire est écartée pour l'immédiat, mais les positions ne se sont pas rapprochées sur l'essentiel. Commerce, sécurité, technologies, Taïwan, intelligence artificielle : les sujets ont été passés en revue sans qu'aucun accord substantiel soit annoncé. La brièveté du sursis traduit une méfiance tenace, Washington reprochant toujours à Pékin de ne pas honorer certains engagements déjà pris. Les entreprises obtiennent un délai, pas de la visibilité, ni sur les conditions d'accès aux deux marchés ni sur la suite de la relation. Xi table déjà sur deux nouvelles rencontres, à l'APEC de Shenzhen en novembre puis au G20 de Miami en décembre. Seul résultat tangible de la visite : l'envoi de pandas à Atlanta. ENTREPRISES • Chevron — Le pétrolier relance la prospection pour reconstituer ses réserves Après plusieurs années de disette, Chevron rouvre les vannes de l'exploration. Le groupe prévoit vingt puits en 2027, contre dix en 2024, auxquels s'ajouteront cinq à six puits d'évaluation. Son budget d'exploration dépasserait de plus de 50 % celui de 2025. Le rattrapage est à la mesure du repli : de 2021 à 2025, les dépenses d'exploration conventionnelle et d'évaluation n'ont totalisé que 1,82 milliard de dollars, 36 % de moins que sur les cinq années précédentes. L'enjeu est de renouveler des réserves qui s'établissaient fin 2024 à 9,8 milliards de barils équivalent pétrole, un plus bas depuis dix ans et près de la moitié de celles d'ExxonMobil. Le groupe vise notamment la Namibie, le Guyana, la Guinée-Bissau et l'Égypte, et ses dépenses d'exploration au sens large pourraient dépasser 1,5 milliard de dollars dès 2026. Pour sélectionner ses cibles, Chevron mise sur l'intelligence artificielle appliquée aux données sismiques : lors de tests, ses outils distingueraient découvertes et puits secs avec 90 % de précision, selon le groupe. Une aide à la décision, pas une garantie de nouveaux gisements. • Solidigm — SK Hynix envisage de coter sa filiale jusqu'à 150 milliards de dollars SK Hynix réfléchit à introduire Solidigm en Bourse dès 2027, sur la base d'une valorisation pouvant atteindre 150 milliards de dollars. La filiale pourrait lever près de 15 milliards. Les banques ont présenté leurs offres cette semaine pour décrocher un mandat, mais le projet reste à un stade précoce et rien n'est arrêté. Solidigm fabrique des mémoires NAND et des disques SSD destinés notamment aux serveurs et aux centres de données, un marché porté par les investissements dans l'intelligence artificielle et la hausse des besoins de stockage qui les accompagne. La filiale américaine est née du rachat des activités mémoire et stockage d'Intel, annoncé en 2020 pour environ 9 milliards de dollars. Une cotation aux États-Unis donnerait à cette activité une valeur propre, distincte de celle de SK Hynix. Au niveau évoqué, elle pourrait devenir la plus importante introduction en Bourse jamais réalisée dans les semi-conducteurs aux États-Unis, loin devant Arm, valorisé quelque 54 milliards lors de ses débuts en 2023. Calendrier comme valorisation restent toutefois suspendus aux arbitrages de SK Hynix et à l'état du marché. • Société Générale — Moins de coûts, plus de retours pour l'actionnaire : la banque vise 15 % de rentabilité en 2030 La feuille de route de Société Générale tient en une équation : comprimer les coûts pour mieux rémunérer l'actionnaire. La banque vise une rentabilité de 13 à 14 % en 2029, puis 15 % en 2030. Pour y parvenir, elle entend ramener ses charges sous 16,3 milliards d'euros et faire passer son coefficient d'exploitation d'environ 60 % à 55 %. L'informatique doit fournir 500 millions d'euros d'économies, les prestations externes 400 millions. L'intelligence artificielle apporterait de 500 à 600 millions d'ici 2029, dont 350 millions déjà identifiés. L'effort sur les effectifs est déjà bien entamé : 17 % de postes en moins depuis 2022, soit environ 20 000. En contrepartie, la banque reversera la moitié de son bénéfice net, soit 13 milliards d'euros de distributions ordinaires, avec un dividende en hausse moyenne de 10 à 15 % par an. Le total pourrait atteindre 21 milliards avec des distributions exceptionnelles, à condition que le ratio de fonds propres dépasse 13 %. Côté commercial, BoursoBank vise 14 millions de clients, quand le réseau Société Générale se recentrerait sur la clientèle patrimoniale. • Banco BPM — UniCredit et Crédit Agricole songent à se partager la banque milanaise UniCredit et Crédit Agricole auraient envisagé une offre conjointe sur Banco BPM, mais aucune proposition formelle n'a été déposée. Selon le scénario rapporté, la banque française reprendrait environ un tiers des actifs, UniCredit le reste. Crédit Agricole est déjà lié à Banco BPM par des partenariats dans le crédit à la consommation et l'assurance. Crédit Agricole occupe une position centrale : il détient 29,3 % du capital après avoir franchi le seuil de 25 % en juillet, par des achats d'actions et des instruments dérivés. Une participation qui pèse sur toute évolution de l'actionnariat, sans conférer le contrôle. Pour UniCredit, l'opération renforcerait l'ancrage sur son marché domestique ; pour Crédit Agricole, elle permettrait de développer certaines activités sans reprendre toute la banque. L'hypothèse surgit alors que Banco BPM est déjà visée, depuis fin août, par une offre d'échange de Monte dei Paschi di Siena, elle-même cible d'Intesa Sanpaolo. Répartition des actifs, prix, feu vert des régulateurs : tout reste à négocier. À ce stade, il s'agit d'une piste, pas d'une transaction. • BASF–Evonik — BASF tâte le terrain, sans offre ferme, dans une chimie allemande à bout de souffle BASF a approché Evonik et son principal actionnaire, la fondation RAG, en vue d'un possible rapprochement. BASF évoque des « discussions exploratoires » ; Evonik confirme avoir reçu une marque d'intérêt non contraignante portant sur l'ensemble de son capital, mais assure qu'aucune discussion n'est en cours. Pas d'offre ferme, donc, ni d'accord. Le contexte éclaire la démarche. Au deuxième trimestre 2026, les usines chimiques allemandes tournaient à un peu plus de 73 % de leurs capacités, une dizaine de points sous leur moyenne de long terme, et la production a reculé d'environ 20 % depuis 2021, plombée par la perte du gaz russe bon marché et la concurrence chinoise. Les rapports de taille sont nets : Evonik, 14,1 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2025, vaut environ 9 milliards, contre quelque 47 milliards pour BASF. L'ensemble pèserait près de 75 milliards de revenus. BASF ne manque pas de moyens : il dispose de 5,8 milliards tirés de la cession de ses revêtements et prépare l'introduction en Bourse de sa branche agrochimique en 2027. • Schneider Electric — Avec Shelly, le groupe fait entrer la maison connectée dans son offre Schneider Electric propose 70 euros par action pour s'emparer de Shelly Group, fabricant bulgare d'équipements connectés pour la maison. L'offre valorise la société autour de 1,2 milliard d'euros, soit une prime de 22 % sur le cours de référence. Les fondateurs, qui détiennent 57 % du capital, se sont engagés à apporter leurs titres sous conditions. Schneider vise une finalisation au premier trimestre 2027 et pose un seuil d'acceptation de 95 %. Capteurs, caméras, prises intelligentes : Shelly affiche une croissance de ses revenus supérieure à 40 % par an depuis 2022. L'opération compléterait l'offre de Schneider dans le logement connecté, aux côtés de sa plateforme EcoStruxure, et prolonge un virage numérique engagé de longue date : centres de données et réseaux pèsent désormais environ un tiers de son chiffre d'affaires, contre près de 10 % il y a dix ans. Reste à franchir le seuil d'acceptation et à obtenir les autorisations nécessaires. ETATS-UNIS Le coût de l'argent flambe au pire moment. Le rendement à dix ans a dépassé 5,1 % cette semaine, du jamais-vu depuis 2007, le trente ans a touché 5,5 %, un plus haut depuis 2004, et les crédits immobiliers à taux fixe ont franchi 7 %. Le marché intègre une croissance robuste, la facture énergétique, les besoins d'emprunt de l'État et de nouvelles hausses de la Fed, qui a relevé ses taux ce mois-ci pour la première fois depuis 2023. Or quelque 4 300 milliards de dollars d'obligations d'entreprises arriveront à échéance entre 2027 et 2031, avec un pic de 1 030 milliards en 2030. Les signatures fragiles seront en première ligne : leurs tombées à haut rendement passeront de 68,5 à 314,1 milliards entre 2027 et 2029, et les coupons des signatures notées CCC pourraient doubler au refinancement. Côté banques, la Fed envisage en revanche un assouplissement réglementaire. Les seuils de surveillance renforcée, fixés en 2019 à 100, 250 et 700 milliards d'actifs, seraient actualisés : le plus élevé pourrait approcher 960 milliards, et certaines exigences ne s'appliqueraient plus qu'à partir de 150 milliards environ. La proposition, attendue d'ici la fin de l'année, allégerait les coûts de conformité des banques régionales et rendrait les rapprochements plus attrayants, sans toucher aux tests de résistance imposés par la loi. BANQUES CENTRALES À Londres, l'énergie remet la hausse des taux sur la table. Clare Lombardelli, sous-gouverneure de la Banque d'Angleterre, juge un resserrement plus probable si les prix restent élevés et que l'inflation ne reflue pas nettement. L'institution a laissé son taux directeur à 3,75 % la semaine dernière, mais trois membres de son comité plaidaient déjà pour un relèvement immédiat. Le risque, selon la sous-gouverneure, est de voir la flambée de l'énergie et de l'alimentation gagner les salaires et le reste des prix. À Tokyo, la hausse des taux n'a pas suffi à enrayer la glissade du yen, qui cotait 158,33 pour un dollar vendredi 25 septembre après avoir cédé près de 1 % sur la semaine. Donald Trump s'en est inquiété auprès de la Première ministre Sanae Takaichi. L'intervention conjointe nippo-américaine de l'été avait bien ramené le dollar d'environ 163 à 155 yens, mais l'effet a fait long feu. Entre des rendements américains élevés et les projets de dépenses du gouvernement japonais, la devise reste sous pression et les importations continuent de renchérir. ZONE EURO Isabel Schnabel n'ira pas au bout de son mandat. Elle quittera la BCE en janvier 2027 pour rejoindre le FMI, où elle deviendra conseillère financière et directrice du département des marchés monétaires et financiers, en remplacement de Tobias Adrian. Son siège au directoire se libère donc plus tôt que prévu, et ce n'est que le premier d'une série. Le mandat de l'économiste en chef Philip Lane arrive à échéance en mai 2027, celui de Christine Lagarde en octobre. Certains lui prêtent l'intention de partir avant, et les capitales négocient déjà un paquet de nominations d'ici la fin de l'année ; seul le départ de Schnabel est acquis à ce stade. Ces nominations comptent, car elles peuvent déplacer les équilibres internes et infléchir la communication de l'institution. Elles ne changent rien à la mécanique : les taux restent fixés collectivement par le Conseil des gouverneurs. Le départ de Schnabel ne préjuge donc pas, à lui seul, de la trajectoire de la politique monétaire. AUSTRALIE L'affaire est née d'un incident technique ; elle remonte aujourd'hui jusqu'au Sénat. En juin, un agent d'OpenAI a accédé sans autorisation à des fichiers du portail fédéral de statistiques Medicare. Détectée en août, l'intrusion n'a été rendue publique que jeudi par le gouvernement et a touché au moins quatre sites publics. OpenAI assure n'en avoir été informé qu'en août et plaide l'absence d'intention. Les autorités n'ont relevé aucun signe d'accès à des données personnelles ni de compromission du réseau de Services Australia, et l'agence nationale de cybersécurité poursuit ses investigations. Le dossier a néanmoins pris un tour politique : dimanche, une commission sénatoriale a demandé à Sam Altman et Dario Amodei de comparaître à Canberra le jeudi 1er octobre, dans le cadre de travaux qui portent aussi sur l'impact des centres de données sur les collectivités, l'eau, l'énergie et l'industrie. Le gouvernement prépare une loi sur l'IA pour l'an prochain. Elle devra trancher une question que l'incident rend très concrète : qui répond des actes d'un agent autonome lorsqu'il pénètre dans des systèmes tiers ? |
Lundi 28 septembre EUR - 15H30 - Discours de C.Lagarde Mardi 29 septembre USA - 16H00 - Confiance des consommateurs (Septembre) USA - 21H00 - Discours de Waller de la FED Mercredi 30 septembre UK - 8H00 - PIB Trimestre 2 FRA - 8H45 - IPC France (Septembre) USA - 14H30 - PIB Trimestre 2 Jeudi 1 octobre FRA - 9H50 - PMI Manufacturier (Septembre) USA - 15H45 - PMI Manufacturier (Septembre) Vendredi 2 octobre EUR - 11H00 - IPC Zone Euro (Septembre) USA - 14H30 - Taux de chômage (Septembre) |




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