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Le point hebdo des marchés

il y a 4 jours
8 min de lecture

Banques centrales, tension géopolitiques et dette française

IRAN/ORMUZ

Après plusieurs semaines d’accalmie, les affrontements ont repris en mer alors que l’accord préliminaire de cessez-le-feu conclu en juin s’est défait et que les discussions diplomatiques restent dans l’impasse. Les Gardiens de la révolution ont lancé des missiles balistiques contre deux navires de guerre américains ; Washington a riposté en frappant trois navires pétroliers iraniens, dont un au large de Kharg, principal terminal d’exportation du pays. Téhéran affirme avoir ensuite visé trois pétroliers dans le détroit d’Ormuz ainsi que trois autres bâtiments liés aux États-Unis, sans victime signalée. L’Iran prévoit également d’instaurer une zone maritime restreinte à proximité du détroit. Cette escalade intervient alors que le blocus américain et les sanctions commencent à peser lourdement sur l’économie : les chargements de brut sont tombés à 260 000 barils par jour, contre 1,7 million un an plus tôt, tandis que le rial s’effondre et que l’inflation approche 70 %.

  ENTREPRISES  



Nvidia - 13 Md$ pour Hugging Face afin de se rapprocher des développeurs de modèles ouverts

Nvidia va acquérir Hugging Face pour 12,93 milliards de dollars dans l’une des plus importantes opérations de son histoire. La plateforme est devenue un point de passage majeur pour les développeurs qui téléchargent, adaptent et déploient des modèles d’intelligence artificielle ouverts. Pour Nvidia, l’acquisition permet de se rapprocher directement de cette communauté alors que plusieurs de ses grands clients, dont Meta, OpenAI et Microsoft, développent leurs propres puces afin de réduire leur dépendance au groupe. Nvidia versera environ 11,9 milliards de dollars aux investisseurs de Hugging Face et prévoit jusqu’à 1 milliard supplémentaire en actions pour retenir les salariés rejoignant le groupe. Jensen Huang assure que la plateforme restera ouverte et que ses utilisateurs pourront continuer à choisir leurs modèles, leurs fournisseurs de cloud et leurs processeurs, y compris ceux de concurrents de Nvidia.


Dell - La demande de serveurs IA explose et pousse le groupe à relever fortement ses objectifs

Dell profite directement de l’accélération des investissements dans les infrastructures d’intelligence artificielle. Son chiffre d’affaires trimestriel a bondi de 58 % sur un an à 47 milliards de dollars, contre 44,9 milliards attendus, tandis que le bénéfice par action a atteint 7,04 dollars, très au-dessus du consensus de 4,91 dollars. Les serveurs dédiés à l’IA constituent le principal moteur : leurs ventes ont doublé en un an pour atteindre 16,4 milliards et leur carnet de commandes s’élève désormais à un record de 95 milliards. Dell a en conséquence fortement relevé ses perspectives annuelles et vise 192 milliards de dollars de chiffre d’affaires, contre environ 174 milliards anticipés par les analystes. Le groupe prévoit également un bénéfice par action de 25,5 dollars, contre 18,92 dollars attendus. L’ampleur du carnet de commandes confirme surtout que les dépenses d’infrastructure liées à l’IA restent très soutenues.


 Broadcom - L’IA propulse la croissance, avec des ventes en hausse de 86 %

Broadcom a publié des résultats supérieurs aux attentes au troisième trimestre fiscal. Le chiffre d’affaires atteint 29,6 milliards de dollars, en hausse de 86 % sur un an, contre 29,4 milliards attendus, tandis que le bénéfice par action ajusté ressort à 3,32 dollars, contre 3,24 dollars anticipés. L’intelligence artificielle constitue désormais le principal moteur de croissance : les ventes de semi-conducteurs dédiés ont atteint 16,7 milliards de dollars, soit une progression de 221 % sur un an et de 54 % par rapport au trimestre précédent. Broadcom prévoit qu’elles atteindront 21,7 milliards au quatrième trimestre, en hausse de 236 %. La génération de trésorerie suit la même dynamique, avec 13,7 milliards de dollars de flux de trésorerie disponible, en progression de 95 %. Pour le prochain trimestre, le groupe vise 34,8 milliards de chiffre d’affaires, très légèrement sous les 35 milliards attendus, et une marge opérationnelle ajustée de 66 %.


OpenAI/Anthropic - OpenAI lance Astra, Anthropic vise désormais mi-octobre pour son IPO

OpenAI a lancé GPT-6 Astra et affirme que son nouveau modèle atteint les meilleures performances dans plusieurs domaines, notamment l’ingénierie logicielle, les sciences et la cybersécurité. Ces résultats restent à ce stade ceux revendiqués par l’entreprise. Le déploiement commencera auprès d’un nombre limité de clients professionnels, OpenAI indiquant devoir encore augmenter ses capacités de calcul avant une diffusion plus large. Dans le même temps, Anthropic a décalé son calendrier d’introduction en Bourse : le prospectus, envisagé initialement début septembre, n’est plus attendu qu’à la fin du mois et le lancement de l’opération interviendrait à partir de la mi-octobre au plus tôt. Le calendrier reste susceptible d’évoluer. Certains investisseurs évoquent une valorisation pouvant atteindre 2 000 milliards de dollars. Anthropic cherche parallèlement à finaliser une ligne de crédit renouvelable de 15 milliards avant les prochaines étapes de son introduction en Bourse.


Volkswagen - Un accord unanime débloque la restructuration et porte à 100 000 les suppressions de postes prévues

Volkswagen a obtenu l’accord unanime de son conseil de surveillance sur son vaste plan de restructuration, évitant un affrontement entre les représentants des actionnaires, des salariés et le Land de Basse-Saxe. Le compromis prévoit 50 000 suppressions de postes supplémentaires, portant à 100 000 le total convenu depuis fin 2024, et confirme l’objectif de porter la marge du groupe à 9 % en 2030. L’accord constitue une étape importante, mais sa mise en œuvre reste à négocier : les modalités précises des départs ne sont pas encore arrêtées et l’avenir des sites d’Emden, Zwickau, Hanovre et Neckarsulm demeure ouvert. Les analystes d’UBS estiment que les nouvelles réductions d’effectifs pourraient générer environ 5 milliards d’euros d’économies annuelles. L’enjeu est considérable pour Volkswagen, dont la marge opérationnelle n’était plus que de 3,8 % au premier semestre 2026, contre 7,9 % en 2022.


Chevron/Eni - Les majors occidentales relancent leurs investissements pétroliers au Venezuela

Chevron prévoit d’investir 7 milliards de dollars au Venezuela afin de porter sa production à 600 000 barils par jour, contre environ 280 000 actuellement selon RBC Capital. Le groupe a renégocié les conditions de ses activités avec PDVSA et obtenu les droits sur deux nouveaux champs de la ceinture de l’Orénoque. Il estime pouvoir y produire du pétrole pour un coût total inférieur à 20 dollars le baril. Eni accélère également : le groupe italien doit reprendre le contrôle du champ Junín-5 et prévoit d’y investir environ 1,5 milliard de dollars par an afin de porter sa production de 12 000 à 400 000 barils quotidiens. Ces engagements marquent un retour important des compagnies occidentales dans le secteur pétrolier vénézuélien. Washington encourage ces investissements afin d’augmenter l’offre du pays et de réduire l’influence de la Russie et de la Chine dans son industrie énergétique.


Deutsche Telekom - Elliott s’oppose à un rachat complet de T-Mobile US

Elliott Management a pris une participation dans Deutsche Telekom alors que le groupe allemand étudie le rachat des 47 % de T-Mobile US qu’il ne détient pas encore. Le fonds activiste s’oppose à une telle opération et défend le maintien de la filiale américaine comme société cotée indépendante. T-Mobile est devenue l’un des principaux moteurs de valeur du groupe : elle compte plus de 85 millions d’abonnés et sa capitalisation comme son bénéfice d’exploitation ont été multipliés par environ sept en dix ans, notamment depuis l’intégration de Sprint. Son action a toutefois perdu plus d’un quart de sa valeur sur douze mois, ce qui a ravivé l’intérêt de Deutsche Telekom pour une prise de contrôle totale. L’enjeu financier est considérable : T-Mobile affiche une valeur d’entreprise de 318 milliards de dollars et a généré 17 milliards de flux de trésorerie disponible l’an dernier. L’arrivée d’Elliott renforce le pouvoir de négociation des actionnaires minoritaires.

UKRAINE

Steve Witkoff et Jared Kushner ont mené plusieurs heures de discussions successivement avec Vladimir Poutine à Moscou puis Volodymyr Zelensky à Kiev, sans parvenir à une percée. Les propositions américaines ont été actualisées depuis l’interruption des négociations en février, mais elles cherchent surtout à réduire des divergences qui restent profondes. Le principal verrou demeure territorial : environ 75 % du Donbass est contrôlé par la Russie, qui revendique l’ensemble de la région, tandis que Kiev refuse d’abandonner les zones qu’il contrôle encore. Zelensky estime qu’un compromis territorial ne pourra être décidé qu’au niveau des chefs d’État, alors que Moscou maintient ses exigences sur les quatre régions dont elle revendique l’annexion et sur le renoncement de l’Ukraine à l’Otan. Une issue avant l’hiver apparaît donc peu probable. Dans le même temps, plusieurs responsables européens alertent sur l’intensification des opérations russes dites « hybrides » — cyberattaques, sabotages, désinformation ou atteintes aux infrastructures — des actions suffisamment limitées pour ne pas être considérées comme une attaque susceptible de déclencher l’article 5 de l’Otan.


­ENERGIE

Les stocks européens de gaz ne sont remplis qu’à 65,6 %, leur niveau le plus faible à cette période de l’année depuis le début des relevés il y a quinze ans. Les prix ont parallèlement progressé de plus de 75 % en deux mois et atteint leur plus haut niveau depuis trois ans, alors que la guerre au Moyen-Orient perturbe une partie des approvisionnements mondiaux. L’Allemagne et les Pays-Bas devraient manquer leurs objectifs nationaux de stockage, tandis que la France, l’Italie et l’Espagne sont mieux positionnées. Le problème tient désormais autant aux volumes disponibles qu’au temps restant pour les injecter dans les installations avant l’hiver. La Commission européenne ne signale toutefois pas de risque immédiat de pénurie. La consommation de gaz de l’Union a diminué d’environ 17 % ces dernières années et le stockage ne couvre habituellement qu’environ un tiers de la consommation hivernale. Le principal risque porte donc davantage sur les prix que sur une rupture générale d’approvisionnement.

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BANQUES CENTRALES

La BCE devrait relever jeudi son taux de dépôt de 25 points de base à 2,50 %, après l’accélération de l’inflation de la zone euro à 3,3 %, malgré un recul de l’inflation sous-jacente à 2,4 %. Aux États-Unis, les 162 000 créations d’emplois en août, contre 56 000 attendues, ont renforcé les anticipations d’une hausse de taux de la Fed la semaine suivante, tandis que l’inflation d’août publiée vendredi constituera le dernier test majeur avant sa décision. La tension sur les taux longs américains s’accompagne aussi d’interrogations sur la demande de dette publique. Le fonds souverain norvégien, qui gère 2 300 Md$, propose de ramener de 70 % à 50 % la part des obligations d’État dans son indice obligataire, ce qui réduirait de près de 80 Md$ ses 215 Md$ de Treasuries. Le mouvement relève toutefois davantage d’une diversification vers la dette privée américaine que d’un désengagement des États-Unis : la part du dollar dans son portefeuille obligataire ne diminuerait que très légèrement.

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FRANCE

La hausse des taux commence à modifier sensiblement le coût de financement de la France. Lors de la dernière adjudication, l’État a emprunté à 4,23 % à dix ans, contre 3,45 % en février. L’impact sur les finances publiques reste progressif, car la dette est refinancée au fil des échéances : la dette négociable de l’État atteignait 2 804 Md€, avec une maturité moyenne d’environ 8 ans et demi, tandis que la dette publique totale s’élevait à 3 460 Md€ fin 2025. La charge d’intérêts de l’État, proche de 60 Md€ en 2026, était déjà attendue autour de 100 Md€ en 2030. Si les taux longs se maintenaient durablement autour de leurs niveaux actuels, elle pourrait dépasser 105 Md€ et se rapprocher de 110 Md€, soit davantage que les quelque 100 Md€ rapportés chaque année par l’impôt sur le revenu.

AGENDA ÉCONOMIQUE

Lundi 7 septembre

EUR - 17H00 - PIB 2ème Trimestre

Mardi 8 Septembre

EUR - 17H00 - Discours de Elderson de la BCE

Mercredi 9 septembre

FRA - 8H45 - Production industrielle France (Juillet)

EUR - 19H00 - Discours de C.Lagarde

Jeudi 10 septembre

ALL - 8H00 - IPC Allemagne (Août)EUR - 14H15 - Décision de la BCE sur les taux d'intérêt (Septembre)

EUR - 14H45 - Conférence de presse de la BCE

Vendredi 11 septembre

UK - 8H00 - PIB Mensuel (Juillet)

USA - 14H30 - IPC Mensuel (Août)

EUR - 16H00 - Discours de C.Lagarde


 
 
 

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