Le point hebdo des marchés
- il y a 4 jours
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Guerre en Iran |
IRAN |
En frappant South Pars, le plus grand gisement gazier mondial partagé entre l’Iran et le Qatar, Israël a ouvert un front énergétique inédit. Téhéran a riposté en ciblant la partie qatarie des installations saoudiennes, élargissant brutalement le conflit au-delà de ses limites initiales. Israël a poursuivi en éliminant Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale et l’une des figures les plus influentes du régime. Face à cette escalade, Donald Trump a affiché ses contradictions : appels au désengagement et déploiement simultané de 2 500 Marines, critique virulente de l’OTAN et indulgence marquée envers Moscou, dont l’aide militaire à Téhéran est pourtant confirmée. Il a surtout donné 48 heures à l’Iran pour rétablir la libre circulation dans le détroit d’Ormuz, en menaçant explicitement de frapper les infrastructures électriques du pays en cas de refus. Pour contenir la flambée du Brent, Washington a levé ses sanctions sur le pétrole russe tout en accordant une dérogation sur 140 millions de barils iraniens bloqués en mer. La Russie s’impose comme la grande gagnante inattendue du conflit : les sanctions s’allègent, ses recettes augmentent et les négociations sur l’Ukraine sont reléguées au second plan. |

ENTREPRISES Accenture – Des résultats meilleurs que prévu Très attendus dans un contexte de défiance marqué, les résultats semestriels d’Accenture ont rassuré le marché. Alors que le titre a perdu près de la moitié de sa valeur depuis le début de 2025, le groupe a publié des comptes solides : chiffre d’affaires en hausse de 7 % sur un an au premier semestre, progression de 3,5 % du résultat opérationnel et génération de cash toujours très élevée. Le free cash-flow a atteint près de 11 Md$ avant acquisitions en 2025, avec une politique de retour aux actionnaires encore renforcée : rachats d’actions presque doublés sur six mois et dividende relevé de 9,2 %. Surtout, la demande en solutions d’intelligence artificielle soutient les nouveaux contrats et atténue le risque d’essoufflement du modèle. Elon Musk / X – Une rentabilité sous pression malgré un cash-flow plus résilient que prévu Elon Musk a été reconnu coupable d’avoir trompé des actionnaires de Twitter lors du rachat du réseau social en 2022, un revers judiciaire rare pour un dirigeant jusque-là souvent épargné. Le jury a estimé que ses déclarations mensongères sur les faux comptes avaient contribué à faire chuter le titre, au détriment d’investisseurs ayant vendu avec une forte décote avant le rachat final pour 44 Md$. Les dommages pourraient atteindre 2,6 Md$. L’affaire dépasse le seul épisode Twitter : elle ravive les interrogations sur les méthodes de gouvernance de Musk.
Alstom – Un contrat de 800 M€ à Toronto renforce la visibilité du pôle services Alstom a prolongé pour cinq ans son contrat d’exploitation et de maintenance avec Metrolinx, l’agence de transport de l’Ontario, sur les réseaux GO Transit et UP Express de Toronto. L’accord, désormais étendu jusqu’en 2031, sécurise environ 1 300 emplois dans la région du Grand Toronto et de Hamilton. Au-delà du montant, l’annonce est surtout stratégique : elle confirme la solidité des activités de services, plus récurrentes et plus visibles que les seules commandes de matériel roulant. Après un troisième trimestre jugé solide, mais marqué par une légère déception sur la génération de trésorerie, ce renouvellement apporte un signal rassurant sur la capacité du groupe à ancrer durablement ses revenus dans des contrats de long terme. TotalEnergies / Société Générale – L’arrivée de Slawomir Krupa au conseil interroge TotalEnergies proposera l’entrée de Slawomir Krupa, directeur général de Société Générale, comme administrateur indépendant lors de l’assemblée générale du 29 mai. Le groupe met en avant son expertise financière, son profil international et sa connaissance des États-Unis, devenus un marché plus stratégique pour les énergéticiens européens. Mais cette nomination s’inscrit dans un mouvement plus large : TotalEnergies souhaite aussi relever les limites d’âge du président et du directeur général, ce qui permettrait à Patrick Pouyanné de prolonger son mandat. L’annonce suscite néanmoins des interrogations sur un possible conflit d’intérêts, Société Générale ayant continué à accompagner le groupe là où d’autres banques françaises se sont montrées plus réservées. Accor – Les accusations de Grizzly fragilisent le titre Accor a été attaqué par le fonds spéculatif Grizzly, qui accuse certains hôtels du groupe en Russie d’avoir hébergé des orphelins ukrainiens dans le cadre d’un dispositif assimilé à des transferts forcés d’enfants vers la Russie, sur fond de soupçons de traite d’êtres humains. Le rapport évoque également des liens indirects avec l’affaire Epstein, ce qui a accentué la violence de la réaction boursière : le titre a perdu près de 6 % en séance. Accor a fermement rejeté l’ensemble de ces allégations, en contestant à la fois leur fondement et leur présentation, et a annoncé l’ouverture d’une enquête interne complétée par l’intervention d’un cabinet externe indépendant, dont les conclusions doivent être rendues publiques. L’attention du marché se concentre désormais sur la solidité de cette réponse et sur la capacité du groupe à apporter rapidement des éléments vérifiables. BANQUES CENTRALES Jérôme Powell l'a répété mercredi : « We just don't know. » Christine Lagarde, elle, a écourté sa conférence de presse. Deux banquiers centraux, deux continents, un même constat : les conséquences économiques du conflit restent à ce stade impossibles à chiffrer. Le mécanisme est pourtant bien identifié : la flambée du pétrole — le Brent est passé de 65 à plus de 110 dollars depuis le début des hostilités — exerce une pression simultanée sur les prix à la consommation et sur l'activité. La BCE a revu ses prévisions en conséquence : 2,6 % d'inflation en zone euro en 2026, contre 1,9 % attendus en décembre, pour une croissance réduite à 0,9 %. Dans un scénario adverse, l'inflation pourrait atteindre 4,4 %. La Réserve fédérale se trouve dans une situation tout aussi délicate. L'inflation américaine stagne à 2,4 % depuis cinq ans, en partie sous l'effet des droits de douane, et sept membres du FOMC sur douze n'anticipent aucune baisse de taux en 2026. En janvier, les marchés en escomptaient deux.
HONGRIE / EUROPE Le prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine, acté à l’unanimité en décembre, reste bloqué par Viktor Orban. La pression collective des Vingt-Six, lors du sommet de jeudi à Bruxelles, n’y a rien changé. Le Premier ministre hongrois conditionne son feu vert à la remise en service de l’oléoduc Droujba, endommagé en Ukraine occidentale, par lequel transite le pétrole russe vers la Hongrie. Les Européens ont proposé une aide financière et l’envoi d’experts pour accélérer sa remise en état, mais cela reste insuffisant pour Budapest : Orban accuse Kiev de traîner des pieds. La Hongrie bloque ainsi à la fois le 20e paquet de sanctions contre la Russie et les négociations d’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne. Kiev ne disposerait de liquidités suffisantes que jusqu’en mai.
JAPON / ETATS-UNIS La rencontre s'annonçait délicate. Sanae Takaichi est arrivée à la Maison Blanche quelques jours après avoir refusé d'envoyer des navires sécuriser le détroit d'Ormuz. Elle en est repartie avec une relation préservée, au prix de concessions économiques massives : 73 milliards de dollars d'investissements énergétiques, réacteurs nucléaires modulaires, sites gaziers, et développement conjoint de terres rares en eaux profondes — secteur où la Chine contrôle 90 % de la production mondiale raffinée. Interrogé sur le fait de n'avoir pas prévenu ses alliés avant de frapper l'Iran, Trump a répondu vouloir garder l'effet de surprise — puis s'est tourné vers Mme Takaichi : « Qui connaît mieux l'effet de surprise que le Japon ? Pourquoi ne m'as-tu pas parlé de Pearl Harbor ? » ... [silence]. |
AGENDA ÉCONOMIQUE Mardi 24 mars FRA - 09H15 - PMI manufacturier France FRA - 09H15 - PMI services France
Mercredi 25 mars EUR - 09H45 - BCE - Discours de C.Lagarde USA - 15H30 - Stocks de pétrole brut
Jeudi 26 mars USA - 13H30 - Inscriptions hebdomadaires au chômage |




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