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Le point hebdo des marchés

  • il y a 21 heures
  • 6 min de lecture

Guerre en Iran

IRAN

En frappant des objectifs militaires sur l’île de Kharg, principal terminal d’exportation du brut iranien, et en plaçant le détroit d’Ormuz au cœur de l’affrontement, Washington a fait basculer le conflit sur le terrain énergétique. La fermeture quasi totale de ce corridor, par lequel transite près d’un cinquième du pétrole mondial, entretient une vive tension sur les marchés, le Brent évoluant autour de 105 dollars le baril. Cette flambée se répercute déjà directement sur les consommateurs : aux États-Unis, le prix moyen du gallon d’essence a bondi de 24 % depuis le début du conflit, retrouvant un niveau inédit depuis septembre 2023. Donald Trump a haussé le ton en exigeant de ses alliés une participation concrète à la réouverture du détroit, allant jusqu’à laisser entendre que l’avenir de l’OTAN pourrait être remis en cause en cas d’inaction. Il a également accentué la pression sur la Chine et la Corée du Sud, très dépendantes du pétrole du Golfe, en évoquant un possible report de sa visite à Pékin. Pour en contenir les effets, les États-Unis ont annoncé un prélèvement de 172 millions de barils sur leurs réserves stratégiques et autorisé temporairement l’écoulement de cargaisons russes déjà chargées. Malgré ces mesures, le risque inflationniste mondial demeure élevé, en particulier pour l’Europe et plus encore pour l’Asie.


ENTREPRISES

Palantir / Anduril – Le contrat géant de l’armée américaine valide leur montée en puissance

L’armée américaine a attribué à Anduril un contrat à prix fixe de 20 Md$ sur dix ans, destiné à unifier des solutions d’intelligence artificielle civiles et militaires au sein d’un écosystème opérationnel unique. Au cœur du dispositif figure Lattice, le système d’exploitation d’Anduril, conçu pour agréger les données issues de capteurs, drones et systèmes existants dans une image tactique commune. Même si Anduril n’est pas coté, l’annonce est perçue comme un signal favorable pour Palantir, partenaire stratégique du groupe depuis fin 2024. 

 BMW – Une rentabilité sous pression malgré un cash-flow plus résilient que prévu

BMW a publié un exercice 2025 contrasté, marqué par le poids des droits de douane, des effets de change et du net ralentissement chinois. Le chiffre d’affaires a reculé de 6 % à 133,5 Md€, l’EBIT automobile a chuté de 21 % à 6,3 Md€ et la marge de cette division est revenue à 5,3 %, avec un quatrième trimestre particulièrement faible. Le groupe a toutefois mieux résisté qu’attendu sur certains indicateurs, avec un flux de trésorerie disponible de 3,2 Md€ et un dividende proposé de 4,4 € par action, tous deux supérieurs au consensus. La principale fragilité reste la Chine, où les livraisons ont chuté de 12,5 % et où la rentabilité de la coentreprise locale s’est fortement dégradée. 

 

RWE – Virage assumé vers le gaz et les batteries pour capter la demande liée à l’IA

RWE a présenté un plan d’investissement de 35 Md€ sur 2026-2031, orienté plus clairement qu’auparavant vers les capacités pilotables, avec environ 50 % des montants prévus aux États-Unis et 25 % vers la production flexible en Allemagne. Le groupe mise sur les centrales à gaz et les batteries pour répondre à l’essor de la demande d’électricité, en particulier celle des centres de données, tout en visant un portefeuille de 65 GW d’ici 2031. Les résultats 2025 ressortent en baisse, avec un EBITDA ajusté de 5,1 Md€ (-11 %) et un EBIT ajusté de 2,9 Md€ (-20 %), mais la direction affiche une ambition de croissance annuelle moyenne de 12 % de l’EBITDA ajusté et du bénéfice par action entre 2026 et 2031. Le groupe relève aussi son objectif de croissance du dividende à 10 % par an jusqu’en 2030.

Rheinmetall – Une dynamique intacte, mais des résultats en deçà des attentes

Rheinmetall évolue dans un environnement exceptionnellement porteur, tiré par le réarmement européen et l’explosion des besoins en munitions et en défense aérienne. Le groupe a pourtant déçu sur ses résultats 2025 : le chiffre d’affaires a progressé de 29 % à 9,9 Md€, mais reste légèrement sous le consensus, tout comme le résultat opérationnel ajusté, en hausse de 33 % à 1,84 Md€, et le bénéfice par action, inférieur d’environ 10 % aux attentes. Le carnet de commandes atteint néanmoins un niveau record de 63,7 Md€, tandis que toutes les divisions affichent une forte croissance. Pour 2026, Rheinmetall vise 14 à 14,5 Md€ de chiffre d’affaires et une marge opérationnelle d’environ 19 %, des objectifs jugés prudents par le marché. 

 BP – Feu vert à Kaskida, pari stratégique majeur dans le Golfe du Mexique

BP a obtenu l’autorisation officielle de développer Kaskida, son premier nouveau champ « vierge » dans le Golfe du Mexique depuis Deepwater Horizon. Le projet, dont la mise en production est prévue en 2029, représente un investissement de 5 Md$ et vise, dans sa phase initiale, environ 275 millions de barils, sur un site dont les ressources découvertes pourraient atteindre jusqu’à 10 milliards de barils. Au-delà de son ampleur, Kaskida marque surtout un tournant technologique : BP entend exploiter des réservoirs très profonds, soumis à des pressions extrêmes, rendus accessibles par les progrès récents du forage offshore.

 

TotalEnergies - 15 % de la production arrêtés, mais un impact financier limité

TotalEnergies a annoncé l’arrêt, ou l’arrêt en cours, d’environ 15 % de sa production totale en raison du conflit au Moyen-Orient, avec des perturbations au Qatar, en Irak et sur les opérations offshore des Émirats arabes unis. Le groupe souligne toutefois que ces actifs ne représentent qu’environ 10 % de son cash-flow amont, la région étant plus fortement taxée que le reste du portefeuille. Surtout, la direction indique que la croissance de la production en 2026 viendra majoritairement d’actifs situés hors du Moyen-Orient, tandis qu’une hausse de 8 dollars du Brent suffirait à compenser l’impact attendu sur les flux de trésorerie.

IRAN

La désignation de Mojtaba Khamenei comme nouveau Guide suprême confirme le choix d’une stricte continuité au sommet de l’État iranien. Peu exposé publiquement, mais solidement inséré dans les cercles religieux, sécuritaires et militaires, il apparaît surtout comme l’artisan d’une consolidation du pouvoir au profit des factions les plus conservatrices, en particulier des Gardiens de la révolution. Sa nomination intervient alors que les pressions extérieures s’intensifient et que son état de santé suscite déjà des interrogations, après les frappes du 28 février et son absence persistante de la scène publique. Plusieurs sources américaines affirment qu’il aurait été grièvement blessé et défiguré, tandis que des relais iraniens assurent qu’il est vivant malgré ses blessures. En l’absence d’apparition publique récente, ces éléments nourrissent l’image d’une succession organisée dans l’urgence autour d’un dirigeant physiquement fragilisé, mais politiquement au service d’un régime plus verrouillé que jamais.

 

BANQUE CENTRALE

La guerre au Moyen-Orient et la flambée des prix de l’énergie replacent les banques centrales dans une position particulièrement inconfortable. En quelques jours, le scénario de marché a basculé : les investisseurs, qui anticipaient encore de nouvelles baisses de taux, revoient désormais leurs attentes face au retour du risque inflationniste. Aux États-Unis, la Fed devrait certes maintenir ses taux inchangés, mais les marchés ne tablent plus que sur une seule baisse en 2026. En zone euro, le choc est plus brutal encore : le Bund à 10 ans a retrouvé son plus haut niveau depuis fin 2023, le 2 ans allemand a bondi d’environ 45 points de base en moins de deux semaines, et les marchés anticipent désormais un relèvement de la BCE dès juillet, avec une forte probabilité d’un second mouvement d’ici décembre. En toile de fond, le dilemme est clair : lutter contre l’inflation ou éviter d’aggraver le ralentissement.

 

CRÉDIT PRIVÉ

Le crédit privé, qui s’est imposé depuis 2008 comme une source majeure de financement hors banques, entre dans une phase de turbulence plus sérieuse. Les signaux d’alerte se multiplient : faillites d’emprunteurs financés par ces fonds, restrictions de rachats chez plusieurs grands gestionnaires, baisse marquée de certains véhicules cotés et premières dépréciations de portefeuilles par des banques comme JP Morgan. Le segment du logiciel concentre une partie des inquiétudes, dans un contexte où l’essor de l’IA menace certains modèles économiques déjà lourdement endettés. Si le risque semble pour l’instant surtout américain, les interconnexions avec les banques, l’assurance-vie et l’épargne des particuliers nourrissent les craintes de contagion. Les régulateurs ne plaident pas pour un coup d’arrêt, mais pour davantage de transparence sur un marché devenu trop important pour être ignoré.

 


 
 
 

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