Le point hebdo des marchés
- 23 févr.
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La cours suprême recadre Trump |
ETATS-UNIS |
La Cour suprême a invalidé les droits de douane « réciproques » fondés sur l’IEEPA, jugeant que cette loi ne confère pas au président le pouvoir d’instaurer des taxes, compétence relevant du Congrès. Cette décision n’abroge pas l’ensemble du dispositif protectionniste : les droits sectoriels déjà en place, notamment sur l’acier, l’aluminium et l’automobile, restent pleinement en vigueur car fondés sur d’autres bases légales. En riposte, la Maison-Blanche a activé la section 122 du Trade Act pour instaurer un droit de douane uniforme de 10 %, plafonné à 15 % et limité à 150 jours sans vote parlementaire, avec des exemptions et l’exclusion du Canada et du Mexique. Parallèlement, l’exécutif lance des enquêtes au titre de la section 301, susceptibles de déboucher sur des mesures ciblées par pays ou par secteurs après procédure. Jusqu’à 175 Md$ de taxes passées pourraient, en outre, être contestées en justice. |

ENTREPRISES Air Liquide – Marges en hausse, bénéfice record et dividende relevé Air Liquide a publié des résultats 2025 solides. Le chiffre d’affaires s’établit à 26,9 Md€, en baisse de 0,4 % sous l’effet d’un change défavorable, mais en hausse de 2 % à périmètre comparable, la hausse des prix de l’énergie compensant partiellement cet impact. Le résultat opérationnel courant atteint 5,58 Md€, portant la marge à 20,7 %, en progression de 80 points de base. Le bénéfice net part du groupe s’élève à 3,52 Md€ et le bénéfice par action à 6,10 €, tous deux en hausse de plus de 6 %. Le groupe proposera un dividende de 3,70 € par action, en augmentation de 12 %. Pour 2026, Air Liquide vise une amélioration supplémentaire de 100 points de base de sa marge et une croissance du résultat net récurrent à change constant. Airbus – Résultats record, mais contraintes industrielles et objectifs revus à la baisse Airbus a publié des résultats records pour 2025, avec un bénéfice net de 5,2 Md€ et un chiffre d’affaires de 73,4 Md€ (+6 %). Le marché a toutefois sanctionné la révision à la baisse des objectifs de livraisons, liée à la pénurie persistante de moteurs Pratt & Whitney équipant une part significative des A320. L’avionneur repousse sa montée en cadence et vise désormais 70 à 75 appareils par mois, la stabilisation étant attendue en 2028. L’A220 fait également l’objet d’un ajustement tactique, dans un contexte de discussions difficiles avec le motoriste. Malgré ces contraintes, Airbus vise environ 870 livraisons en 2026 et s’appuie sur la bonne tenue de ses activités hélicoptères et de la défense.
Orange – Objectifs dépassés en 2025, résultat opérationnel et cash-flow en hausseOrange a clos 2025 au-dessus des attentes, avec un chiffre d’affaires de 40,4 Md€ en hausse de 0,9 % à périmètre comparable et une progression de 3,8 % de son résultat opérationnel avant investissements, à 12,47 Md€. La croissance est tirée par l’Afrique et le Moyen-Orient, où l’activité progresse de plus de 12 %, tandis que la France recule, pénalisée par le déclin du cuivre. Le cash-flow organique atteint 3,65 Md€, en hausse de plus de 8 %, grâce à une discipline d’investissement renforcée. Les investissements reculent légèrement et l’endettement reste maîtrisé, avec un ratio dette nette sur résultat opérationnel de 1,8x. Le groupe confirme un dividende de 0,75 €. Renault – Perte comptable massive liée à Nissan, activité solide mais marges sous pression Renault a enregistré en 2025 une perte nette de 10,9 Md€, due à la forte dépréciation de sa participation dans Nissan, dans le cadre de la sortie progressive de l’alliance. Cette charge exceptionnelle masque toutefois une activité opérationnelle solide : le chiffre d’affaires progresse de 3 % à 57,9 Md€, porté par la montée en puissance des véhicules électriques et hybrides, tandis que la marge opérationnelle s’établit à 6,3 %, en retrait par rapport à 2024. Les ventes mondiales augmentent de plus de 3 %, mais la pression concurrentielle et le mix produit pèsent sur la rentabilité. Pour 2026, le groupe anticipe une marge autour de 5,5 % et maintient un dividende de 2,20 €. Danone – Croissance organique solide, marges en progrès mais bénéfice net en retraitDanone a clos 2025 sur un chiffre d’affaires de 27,3 Md€, en hausse de 4,5 % à périmètre comparable, porté par un volume/mix en progression et un effet prix favorable, malgré un impact négatif des changes en données publiées. Le résultat opérationnel courant atteint 3,67 Md€, avec une marge de 13,4 %, en amélioration de 44 points de base, grâce à une meilleure performance opérationnelle. Le bénéfice net part du groupe recule à 1,83 Md€ après un niveau exceptionnel en 2024, tandis que le bénéfice par action courant progresse. Le groupe proposera un dividende de 2,25 € par action (+4,7 %) et vise pour 2026 une croissance organique comprise entre 3 % et 5 %. Pernod Ricard – Semestre sous pression, pari sur un redressement en fin d’exercice Au premier semestre 2025/26, Pernod Ricard a vu ses ventes reculer de 5,9 % en organique à 5,25 Md€, pénalisées par la faiblesse de la demande en Chine (-28 %) et aux États-Unis (-15 %), ainsi que par des effets de change et des ajustements de stocks. Le résultat opérationnel courant chute à 1,61 Md€ et la marge se contracte, sous l’effet d’un mix moins favorable et de coûts en hausse. En contrepartie, la génération de trésorerie progresse à 482 M€, portée par une réduction des investissements et une gestion plus stricte du besoin en fonds de roulement. L’Europe recule légèrement, tandis que l’Inde montre des signes d’amélioration. Carrefour – Ventes en hausse, rentabilité sous pression avant le plan 2030 Carrefour a réalisé en 2025 un chiffre d’affaires de 91,5 Md€, en hausse de 2,8 % à périmètre comparable, mais avec une rentabilité en retrait. Le résultat opérationnel courant recule à 2,16 Md€ (-5,4 %) et le bénéfice net à 1,1 Md€ (-6,6 %), pénalisés par l’intégration de Cora et Match et le recentrage géographique. En France, ces acquisitions portent la part de marché à 21,6 %, tandis que, hors intégration, la marge remonte à 3 %. Les formats de proximité et l’e-commerce soutiennent l’activité, tandis que les hypermarchés restent en retrait. En Amérique latine, l’effet de change pèse malgré une discipline de coûts. Le groupe se dit confiant pour 2026 et annonce une hausse du dividende.
IRAN Les États-Unis ont engagé au Moyen-Orient un déploiement militaire d’ampleur inhabituelle, avec deux porte-avions, un renforcement massif des moyens aériens, des bombardiers stratégiques et des systèmes de défense Patriot et THAAD. Cette montée en puissance accompagne un ultimatum politique : Donald Trump s’est donné dix jours pour décider entre un accord et le recours à la force. Les discussions, ouvertes à Mascate puis poursuivies à Genève, n’ont pas levé le principal point de blocage, centré sur l’enrichissement de l’uranium. L’Iran affirme vouloir conclure rapidement afin d’obtenir un allègement de sanctions qui asphyxient son économie, tandis que Washington exige l’abandon de l’enrichissement. Des analystes estiment qu’une intervention irait au-delà des seuls sites nucléaires et pourrait s’inscrire dans la durée, sans garantie d’un effondrement rapide d’un régime jugé résilient.
EUROPE L’éventualité d’un départ anticipé de Christine Lagarde avant octobre 2027 installe la question de sa succession au cœur des équilibres européens. L’objectif serait de permettre à Paris et Berlin de peser sur le choix du prochain président avant la présidentielle française de 2027, dans un contexte politique jugé incertain. La BCE assure qu’aucune décision n’est prise, et les marchés ont réagi avec calme, l’euro et les taux restant quasi inchangés. En coulisses, la liste des prétendants circule déjà : Klaas Knot, ancien gouverneur néerlandais, Pablo Hernández de Cos, ex-patron de la banque centrale espagnole, et Joachim Nagel, président de la Bundesbank, figurent parmi les favoris. Isabel Schnabel a également manifesté son intérêt, même si les règles de mandat compliquent sa candidature. Cette séquence intervient alors que plusieurs sièges clés du directoire doivent être renouvelés, promettant des négociations serrées entre États membres et une recomposition sensible de la gouvernance de la BCE.
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AGENDA ÉCONOMIQUE Lundi 23 février EUR - 18H30 - Discours de C.Lagarde
Mardi 24 février EUR - 18H45 - Discours de C.Lagarde
Mercredi 25 février USA - 03H00 - Discours de D.Trump EUR - 11H00 - Indice des prix à la consommation USA - 16H30 - Stocks de pétrole brut
Jeudi 26 février EUR - 9H30 - Discours de C.Lagarde
Vendredi 27 février FRA - 8H45 - Produit interieur brut FRA - 8H45 - Indice des prix à la consommation |




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