Le point hebdo des marchés
- Vincent Cartier
- il y a 2 jours
- 5 min de lecture
La semaine de Davos… |
GROENLAND |
Le revirement de Donald Trump à Davos a ouvert une phase de discussions plus structurée sur la présence militaire américaine au Groenland. Les échanges portent désormais sur l’extension des « accès militaires » américains au-delà de la base de Pituffik. Après avoir évoqué un « accès total » et sans limite de temps, les États-Unis sont entrés dans une négociation plus classique, visant soit l’agrandissement de cette zone, soit la création de nouvelles emprises. Ils disposent déjà, depuis l’accord de défense de 1951, de prérogatives très étendues, incluant une juridiction exclusive sur leur zone de défense. Nuuk et Copenhague se disent prêts à moderniser ce cadre, tout en posant des lignes rouges claires sur la souveraineté et l’intégrité territoriale, dans un contexte de recentrage stratégique américain sur la sécurité intérieure et de réduction du soutien direct aux alliés. |

CANADA Les relations entre les États-Unis et le Canada se sont fortement dégradées après le discours de Mark Carney à Davos, dans lequel le Premier ministre canadien a critiqué l’instrumentalisation des échanges commerciaux par les grandes puissances. Donald Trump a réagi en retirant l’invitation du Canada à son « Conseil de Paix », tout en menaçant d’imposer des droits de douane de 100 % si Ottawa concluait un accord commercial avec la Chine. Parallèlement, l’administration américaine a multiplié les signaux de déstabilisation en traitant la province de l’Alberta, cœur énergétique du pays, comme un interlocuteur quasi autonome, en écho aux revendications souverainistes locales. Cette combinaison de pressions diplomatiques, commerciales et territoriales accentue la rupture de confiance entre Washington et Ottawa et renforce, au Canada, un réflexe de souveraineté face à un allié devenu plus coercitif.
ENTREPRISES • Intel – Redressement opérationnel freiné par des contraintes industrielles Intel a publié des résultats annuels en amélioration, marqués par une stabilisation du chiffre d’affaires, un redressement sensible des marges et une forte réduction des pertes nettes. La dynamique est notamment portée par la reprise de la division Data Center et IA, dont les revenus progressent malgré le retard technologique face à Nvidia et AMD. En revanche, le titre a lourdement chuté à Wall Street après l’annonce de contraintes temporaires de production au premier trimestre 2026, liées à des pénuries dans les usines de fabrication et d’assemblage. Ces tensions limitent la capacité du groupe à répondre à une demande soutenue et pèsent sur les perspectives à court terme, malgré des anticipations d’amélioration progressive au fil de l’année.
• Netflix – Résultats solides, mais ralentissement de la croissance des abonnés Netflix a publié un quatrième trimestre robuste, avec un bénéfice net en hausse de 29 % sur un an à 2,4 Md$ et un chiffre d’affaires de 12 Md$, portant la croissance annuelle des ventes à 16 %. Le groupe a franchi le seuil des 325 millions d’abonnés fin 2025, mais les ajouts nets ont nettement ralenti par rapport à l’année précédente, alimentant les inquiétudes sur un plafonnement de la croissance. Les perspectives ont également pesé sur le titre : Netflix anticipe une progression plus modérée des revenus et un profit inférieur aux attentes au premier trimestre, en raison de la hausse des dépenses de contenus et des coûts liés au projet d’acquisition de Warner Bros. Discovery. • Danone – Rappels ciblés dans le lait infantile, impact boursier marqué Danone a été fortement sanctionné en Bourse après l’annonce de rappels ciblés de laits infantiles sur plusieurs marchés, dont Singapour et la France, en lien avec la détection potentielle de céréulide dans un ingrédient issu d’un fournisseur externe. Si les lots concernés restent limités et représentent une part marginale de l’activité, l’épisode a ravivé les craintes sanitaires et réputationnelles sur un segment particulièrement sensible. Le groupe souligne le caractère strictement préventif des mesures prises et sa coopération avec les autorités, alors que des enquêtes sont ouvertes en France après des décès suspects. Cette affaire, qui touche également d’autres acteurs du secteur, met en lumière la vulnérabilité de la chaîne d’approvisionnement et pèse sur la visibilité du pôle nutrition infantile. • Alstom – Carnet de commandes record et objectifs confirmésAlstom a confirmé l’ensemble de ses objectifs annuels après une fin d’année marquée par une nette accélération commerciale. Au troisième trimestre de son exercice décalé, le groupe a enregistré un chiffre d’affaires de 4,8 Md€, en hausse de 5,9 % en organique, et surtout des prises de commandes de 9 Md€, soit plus du double sur un an. Le carnet atteint désormais 100,3 Md€, portant le ratio commandes sur chiffre d’affaires à 1,4. Cette dynamique conforte les perspectives de marge opérationnelle ajustée autour de 7 % et un flux de trésorerie libre positif sur l’exercice, malgré des besoins en fonds de roulement encore contraignants. • Christian Dior – Amélioration au T3 malgré un environnement contrasté Christian Dior a enregistré sur les neuf premiers mois de 2025 des ventes de 58,1 Md€, en repli de 2 % en organique, mais le troisième trimestre marque une amélioration séquentielle avec une croissance organique de 1 %. La dynamique reste contrastée selon les régions : l’Europe et les États-Unis affichent une demande locale solide, tandis que le Japon recule après une base de comparaison élevée en 2024 ; l’Asie hors Japon montre en revanche un redressement sensible. Par activités, la distribution sélective et les montres-joaillerie progressent au T3, tandis que la mode-maroquinerie et les vins & spiritueux demeurent sous pression. Le groupe se dit confiant dans sa capacité à préserver la désirabilité de ses marques dans un contexte macroéconomique incertain.
IRAN La montée des tensions entre Washington et Téhéran s’est accentuée après l’annonce par Donald Trump de l’envoi d’une « armada » américaine vers le golfe Persique. Alors qu’un groupe aéronaval, centré sur le porte-avions USS Abraham Lincoln, progresse vers la région, les autorités iraniennes ont averti que toute frappe, quelle qu’en soit l’ampleur, serait assimilée à une « guerre totale » et appellerait une riposte maximale. L’Iran affirme être placé en état d’alerte maximale, tout en redoutant que ce déploiement dépasse un simple signal dissuasif. Côté américain, plusieurs scénarios militaires auraient été étudiés sans décision immédiate, Washington cherchant à exercer une pression stratégique sans provoquer une escalade incontrôlée.
FRANCE La stabilisation politique autour du budget 2026 a entraîné un net apaisement sur les marchés obligataires, avec un resserrement du spread franco-allemand à son plus bas niveau depuis la dissolution de 2024. Cette amélioration du climat financier offre au gouvernement une marge de manœuvre bienvenue pour engager des priorités structurelles, au premier rang desquelles le logement. Sous l’impulsion de Sébastien Lecornu, un pacte a été scellé avec l’ensemble de la filière afin de construire deux millions de logements d’ici à 2030, soit environ 400 000 par an. Le renforcement du statut du bailleur privé et l’allègement des ponctions sur le logement social constituent les principaux leviers de cette relance, présentée comme une urgence économique et sociale ne pouvant attendre l’échéance présidentielle. |
AGENDA ÉCONOMIQUE Lundi 26 janvier EUR - Journée - IFO climat des affaires Allemagne
Mardi 27 janvier USA - 14H30 - Discours du président Trump EUR - 18h00 - Discours Christine Lagarde - BCE
Mercredi 28 janvier USA - 14H30 - Discours du président Trump USA - 16H30 - Stocks de pétrole brut USA - 20H00 - Décision de la FED - Taux d'intérêt USA - 20H00 - Communiqué du FOMC
Vendredi 30 janvier FRA - 7h30 - PIB français EUR - 9H15 - PMI manufacturier France EUR - 10H00 - PIB allemand USA - 14H30 - Prix à la production |



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