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Le point hebdo des marchés

Trump omniprésent, Lecornu hésite

VENEZUELA

Plus d’une semaine après la capture de Nicolás Maduro, Washington a engagé une reprise en main graduelle mais déterminée du Venezuela, privilégiant le contrôle et la stabilité immédiate à toute transition politique précipitée. Le pouvoir en place est maintenu comme interface locale, mais sous une tutelle étroite, notamment en ce qui concerne la réorientation des flux pétroliers jusqu’alors destinés à la Chine et à Cuba. Sur le front énergétique, Caracas doit remettre entre 30 et 50 millions de barils de pétrole aux États-Unis, chargés de les écouler au prix du marché. En parallèle, l’administration Trump incite les majors occidentales à revenir investir afin de relancer une industrie exsangue, tout en se heurtant aux réticences liées à l’état des infrastructures, à l’insécurité juridique et au lourd héritage des expropriations. L’enjeu est stratégique : réduire l’influence chinoise en Amérique du Sud.

GROENLAND

Après le Venezuela, l’administration Trump concentre désormais ses pressions sur le Groenland, devenu un enjeu central de puissance et de souveraineté. Washington revendique un contrôle accru de l’île arctique au nom de la sécurité face à la Russie et à la Chine, dans une rhétorique qui masque difficilement des intérêts économiques liés aux terres rares, à l’énergie et aux routes maritimes polaires. Cette posture réactive une lecture extensive de la doctrine Monroe (principe formulé au XIXᵉ siècle affirmant que le continent américain relève de la sphère d’influence exclusive des États-Unis et excluant toute ingérence extérieure) et fragilise l’équilibre euro-atlantique. Le Danemark voit sa souveraineté ouvertement contestée, tandis que l’ensemble des partis groenlandais rejettent toute perspective d’annexion et revendiquent le droit à l’autodétermination. Les menaces américaines, y compris l’évocation d’un recours à la force, posent un précédent inédit au sein de l'OTAN.

ENTREPRISES

• DeepSeek - Prépare le lancement de son modèle V4

La startup chinoise d’intelligence artificielle s’apprête à dévoiler V4, présenté comme une avancée majeure, notamment en matière de capacités de codage. Après avoir déjà bousculé l’écosystème avec des performances élevées à coûts réduits, DeepSeek ambitionne de consolider sa position face aux leaders américains. Le calendrier de lancement vise un impact maximal, dans un contexte de compétition technologique accrue. Pour les marchés, l’enjeu dépasse l’innovation : il interroge les valorisations du secteur et l’équilibre géopolitique de l’IA.

 • Meta - Sécurise jusqu’à 6,6 GW d’électricité nucléaire pour soutenir l’IA

Le groupe américain renforce sa stratégie énergétique en concluant plusieurs accords dans le nucléaire afin de garantir l’alimentation de ses infrastructures numériques. Les partenariats noués avec des acteurs spécialisés visent à prolonger et accroître la capacité de centrales existantes, tout en finançant le développement de réacteurs de nouvelle génération, avec une première mise en service envisagée à l’horizon 2030. À terme, ces projets pourraient fournir jusqu’à 6,6 gigawatts d’électricité, destinés notamment aux méga-centres de données du groupe. Cette démarche illustre l’ampleur des besoins énergétiques liés à l’essor de l’intelligence artificielle et confirme le retour en force du nucléaire comme solution bas carbone stratégique aux États-Unis.

 • Alstom - Sécurise 2,5 Md€ de commandes

Le groupe ferroviaire a enregistré près de 2,5 milliards d’euros de nouveaux contrats au troisième trimestre, renforçant nettement la visibilité de son activité. Les commandes portent sur la fourniture de matériel roulant en Europe et dans les Amériques, complétées par des contrats de maintenance à forte récurrence. Cette dynamique commerciale confirme le redressement engagé et consolide un carnet de commandes clé dans un secteur à cycles longs. Si la génération de trésorerie demeure un enjeu central, ce succès valide le positionnement d’Alstom sur les grands projets de mobilité durable.

 • Rio Tinto - Glencorpotee – La consolidation minière s’intensifie

L’intérêt de Rio Tinto pour Glencore illustre l’accélération des rapprochements dans le secteur minier, tirés par la recherche de taille critique et l’accès aux métaux stratégiques. Le cuivre apparaît comme le moteur industriel de cette offensive, dans un contexte de transition énergétique et de montée en puissance de l’intelligence artificielle. Une telle opération ferait émerger un géant mondial et accroîtrait la pression concurrentielle sur les autres acteurs majeurs, notamment BHP, tout en soulevant d’importants enjeux réglementaires et d’arbitrage d’actifs.

 •  GSK - Ouvre la voie à un traitement curatif de l’hépatite B, potentiel de plus d'1 Md€ par an

Le laboratoire britannique a annoncé le succès clinique de son médicament expérimental bepirovirsen, ravivant l’espoir d’un traitement curatif de l’hépatite B chronique, qui touche plus de 250 millions de personnes dans le monde. Contrairement aux thérapies actuelles, administrées à vie et rarement curatives, le bepirovirsen pourrait devenir la première option à durée limitée, avec des résultats cliniquement significatifs après six mois de traitement. Les essais menés sur 1 800 patients ont montré une guérison fonctionnelle durable, définie par l’absence d’ADN viral et d’antigènes. Le potentiel commercial est estimé à plus de 1,3 Md€ par an, porté notamment par les marchés asiatique et américain, dans un contexte de vigilance vaccinale accrue.

 

• Rémy Cointreau - Rassure sur son troisième trimestre

Le groupe de spiritueux a tenu un discours plus confiant sur son activité trimestrielle, déclenchant un net rebond boursier. Les ventes de cognac et de liqueurs affichent une légère croissance organique, suggérant que le point bas de cycle pourrait être dépassé. La direction reste toutefois prudente face aux incertitudes en Chine et aux signaux contrastés aux États-Unis. Malgré des objectifs annuels abaissés, l’anticipation d’un meilleur quatrième trimestre ravive l’espoir d’une normalisation progressive.

DROITS DE DOUANE

La Cour suprême américaine est appelée à se prononcer prochainement sur la légalité des droits de douane généralisés imposés par Donald Trump, même si elle a récemment différé sa décision, prolongeant l’incertitude autour d’un pilier central de la politique économique de la Maison-Blanche. Le président s’appuie sur une loi d’urgence de 1977 pour justifier des barrières commerciales dites « réciproques », une interprétation déjà contestée par plusieurs juridictions inférieures. Les auditions ont révélé de sérieux doutes, y compris parmi des juges conservateurs, sur l’étendue des pouvoirs que l’exécutif peut s’arroger en matière commerciale, traditionnellement dévolue au Congrès.

LOGEMENT

L’administration Trump engage une offensive globale sur le logement, articulée autour de deux leviers complémentaires. D’une part, le président souhaite interdire aux investisseurs institutionnels l’achat de maisons individuelles, accusés de capter l’offre résidentielle et de nourrir la flambée des prix au détriment des ménages, en particulier des primo-accédants. D’autre part, Washington active un soutien massif au crédit immobilier : Fannie Mae et Freddie Mac sont sommées d’acheter jusqu’à 200 milliards de dollars de prêts hypothécaires titrisés afin de faire reculer les taux et alléger les mensualités.

ASSEMBLEE NATIONALE

Le gouvernement hausse le ton face aux motions de censure déposées par La France insoumise et le Rassemblement national sur le dossier Mercosur. Sébastien Lecornu a clairement indiqué qu’un vote de censure entraînerait cette fois une dissolution de l’Assemblée nationale, rompant avec les précédents épisodes de simple remaniement gouvernemental. L’exécutif a demandé au ministère de l’Intérieur de se préparer à des élections législatives anticipées, susceptibles d’être organisées les 15 et 22 mars, en même temps que les municipales. Cette mise en garde vise à dissuader les députés hésitants, notamment au sein du Parti socialiste, alors que la majorité reste fragile. En arrière-plan, cette stratégie accroît la pression sur le Parlement mais ravive aussi le risque d’une instabilité politique durable, dans un contexte de tensions budgétaires et de crise agricole persistante.

AGENDA ÉCONOMIQUE

Lundi 13 Janvier

USA - 14H30 - Indice des prix à la consommation

USA - 16H00 - Indice de ventes de logements neufs

 

Mercredi 14 janvier

USA - 14H30 - Indice des prix de la production 

USA - 14H30 - Indice des ventes au détail

USA - 16H00 - Indice des ventes de logements

USA - 16H30 - Stocks de pétrole brut

 

Jeudi 15 janvier

EUR - 8H45 - Indice des prix à la consommation

USA - 14H30 - Inscriptions hebdo. au chômage

USA - 14H45 - Indice PMI manufacturier






 
 
 

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