Le point hebdo des marchés
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Vers une Europe soudée |
EUROPE |
Réunis au château d’Alden Biesen, les chefs d’État et de gouvernement ont affiché leur volonté d’accélérer face au décrochage de la compétitivité européenne. Ursula von der Leyen a confirmé la présentation en mars d’une feuille de route pour l’Union des marchés de capitaux à l’horizon 2028, destinée à réduire la fragmentation financière et à mieux orienter l’épargne vers l’investissement. Les priorités portent également sur la réforme du marché de l’électricité, l’adaptation du droit de la concurrence, la création d’un statut d’entreprise valable dans toute l’Union afin de dépasser la dispersion des règles nationales, ainsi que sur la préférence européenne. Emmanuel Macron a appelé à renforcer les coopérations ; l’Allemagne a plaidé pour une dérégulation plus large, tandis que plusieurs partenaires demeurent réservés à l’égard d’une préférence européenne. |

ENTREPRISES Google – Une dette à 100 ans pour financer l'IA Alphabet a levé 31 Md$ via une émission obligataire multi-devises, incluant une tranche centenaire, d’un montant de 1 Md£, offre un coupon de 6,125 % et sursouscrite près de dix fois. C’est la première émission tech de ce type depuis Motorola en 1997. L’opération intervient alors que les dépenses d’investissement d’Alphabet, Microsoft, Amazon et Meta pourraient dépasser 630 Md$ cette année, principalement pour des centres de données et puces IA. Les titres sont émis sans clauses restrictives ni garanties. TotalEnergies – Résultats solides malgré la baisse des prixAu quatrième trimestre 2025, TotalEnergies a généré un cash-flow de 7,2 Md$, en légère hausse, malgré un recul de plus de 5 $/baril du prix du pétrole. Sur l’ensemble de l’année, le résultat net ajusté s’établit à 15,6 Md$ (-15 %), tandis que le cash-flow atteint 27,8 Md$ (-7 %), soutenu par une croissance de la production proche de 4 %. La rentabilité des capitaux employés ressort à 12,6 %, au meilleur niveau parmi les majors, et le ratio d’endettement est contenu à 15 %. Le groupe propose un dividende de 3,40 € par action (+5,6 %) et confirme pour 2026 une stratégie de croissance équilibrée entre hydrocarbures et électricité, avec des investissements ciblés et une discipline financière maintenue. L’Oréal – Croissance annuelle solide, mais T4 jugé décevantEn 2025, L’Oréal affiche un chiffre d’affaires de 44,05 Md€, en hausse de 4 % à données comparables (+1,3 % publié), avec une marge d’exploitation portée à 20,2 % et un cash-flow opérationnel de 7,2 Md€. Le BNPA ressort à 12,71 € et le groupe propose un dividende de 7,20 €. En revanche, le quatrième trimestre n’a progressé que de 1,5 % en publié (11,24 Md€), en deçà des attentes, et le bénéfice net recule de 4,4 % à 6,13 Md€. Cette inflexion, notamment en Asie du Nord et dans le Luxe, a entraîné une sanction boursière, malgré des fondamentaux jugés robustes et un discours de prudence confiante pour 2026. Kering – Un quatrième trimestre rassurant malgré une année de transitionKering a rassuré les marchés avec un chiffre d’affaires trimestriel de 3,9 Md€, supérieur d’environ 2 % aux attentes, déclenchant un rebond de plus de 10 % du titre. Bien que les ventes du quatrième trimestre reculent de 9 % sur un an, la performance s’est révélée moins dégradée qu’anticipé, portée par une amélioration en Asie-Pacifique et des signes de stabilisation chez Gucci. Sur l’ensemble de 2025, le groupe demeure en retrait, avec des ventes en baisse de 13 % et un bénéfice net en chute de 93,6 %, illustrant une année de transition. La direction a annoncé la présentation en avril d’une feuille de route stratégique destinée à relancer la croissance, en s’appuyant sur une organisation plus efficiente et une discipline financière renforcée. EssilorLuxottica – Accélération spectaculaire des ventes au T4, visibilité renforcéeEssilorLuxottica a publié au quatrième trimestre un chiffre d’affaires de 7,6 Md€, en hausse de 18,4 % à taux de change constants, bien au-delà des attentes du marché. Sur l’ensemble de 2025, les ventes progressent de 11,2 % à 28,5 Md€, portées notamment par le succès des lunettes intégrant des fonctions d’intelligence artificielle, écoulées à plus de 7 millions d’unités. Le bénéfice net ressort à 2,32 Md€ (-1,9 %), tandis que le résultat opérationnel ajusté atteint 4,46 Md€ (+1 %), dans un contexte de change défavorable et de pression sur les coûts. Le groupe a également présenté des perspectives de croissance solide de son chiffre d’affaires et de son résultat sur les prochaines années, ce qui a soutenu un net rebond du titre en Bourse. Capgemini – Accélération portée par l’IA, objectifs relevés pour 2026En 2025, Capgemini a réalisé un chiffre d’affaires de 22,5 Md€, en hausse de 3,4 % à taux de change constants, avec une nette accélération au quatrième trimestre (+10,6 %). Les prises de commandes atteignent 24,4 Md€, soit un ratio book-to-bill de 1,08, reflétant une dynamique commerciale solide, portée par le cloud, la data et l’IA, qui représentent plus de 10 % des commandes au T4. La marge opérationnelle reste stable à 13,3 % et le free cash-flow s’établit à 1,95 Md€. Pour 2026, le groupe vise une croissance de 6,5 % à 8,5 % et une marge comprise entre 13,6 % et 13,8 %, malgré des coûts de restructuration significatifs liés à l’adaptation des compétences. Michelin – Année 2025 en retrait, rebond attendu et retour aux actionnaires renforcéEn 2025, Michelin a vu ses résultats reculer, pénalisés par la baisse des volumes, notamment en poids lourds et en agricole en Amérique du Nord, ainsi que par l’appréciation de l’euro. Le résultat opérationnel des secteurs s’établit à 2,72 Md€ (marge 10,5 %), contre 3,38 Md€ un an plus tôt, tandis que le bénéfice net atteint 1,7 Md€ (-12 %). Le chiffre d’affaires recule à 26 Md€ (-4,4 %), malgré un mix produit plus favorable et un free cash-flow solide de 2,1 Md€. Pour 2026, le groupe anticipe une progression du résultat opérationnel et annonce un programme de rachat d’actions de 2 Md€ sur trois ans, tout en proposant un dividende stable de 1,38 € par action. Safran – Forte dynamique en 2025, objectifs relevés et visibilité renforcéeSafran a enregistré en 2025 une nette progression de ses résultats, portée par la forte demande dans les services pour moteurs civils et par un environnement favorable à la défense. Le chiffre d’affaires atteint 31,3 Md€, en hausse de 14,7 %, tandis que le résultat opérationnel courant ajusté progresse de 26,2 % à 5,2 Md€, faisant ressortir une marge de 16,6 %. Le bénéfice net part du groupe s’établit à 3,2 Md€ (+3,5 %). Le groupe proposera un dividende de 3,35 € (+16 %). Pour 2026, Safran vise une croissance de 12 à 15 % et un résultat opérationnel de 6,1 à 6,2 Md€, et relève ses objectifs à l’horizon 2028.
IRAN/ ETATS-UNIS Dans un contexte de dialogue toujours fragile avec Téhéran sur le nucléaire et les missiles balistiques, Donald Trump a estimé qu’un « changement de régime » en Iran pourrait être « la meilleure chose qui puisse arriver », tout en confirmant le déploiement d’un second porte-avions dans la région. En parallèle, l’armée américaine se prépare, selon des responsables, à l’éventualité d’opérations prolongées pouvant durer plusieurs semaines, susceptibles de viser non seulement les sites nucléaires mais aussi des installations de l’État et de sécurité. Washington anticipe un risque élevé de représailles et de montée aux extrêmes, alors que des pourparlers se sont tenus à Oman et que l’Iran se dit prêt à diluer son uranium hautement enrichi en échange d’un allègement des sanctions.
EUROPE/ ETATS-UNIS Réunis à Munich pour la conférence sur la sécurité, responsables américains et européens ont voulu afficher un resserrement du lien transatlantique. Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a rappelé que les États-Unis et l’Europe étaient « faits pour être ensemble » et que le destin du continent demeurait indissociable de celui de Washington. Souhaitant des alliés européens forts et capables de se défendre, il a souligné que la crédibilité de la force collective en dépendait. S’il s’est dit prêt à agir seul en dernier ressort, il a privilégié une action conjointe et appelé à raviver une relation transatlantique éprouvée.
TAIWAN Le président taïwanais Lai Ching-te a mis en garde contre un engrenage régional, estimant que si Taïwan était annexée, la Chine ne s’arrêterait pas là et que le Japon ou les Philippines pourraient être à leur tour exposés. Il appelle à renforcer la coopération avec l’Europe en matière de défense, de technologies et de semi-conducteurs, présentés comme un « bouclier de silicium » essentiel à la sécurité de l’île. Cet avertissement intervient alors que Pékin a écarté le général Zhang Youxia, figure centrale de l’appareil militaire, dans le cadre d’une vaste purge anticorruption, concentrant davantage le pouvoir autour de Xi Jinping et réduisant les contre-pouvoirs internes. Ce contexte alimente, à Taipei, la crainte d’une montée des risques stratégiques et d’erreurs de calcul. |
AGENDA ÉCONOMIQUE Mercredi 18 février FRA - 8H45 - Indice des prix à la consommation USA - 20H00 - Minutes de la FED
Jeudi 19 février USA - 14H30 - Taux de chômage USA - 18H00 - Stocks de pétrole brut
Vendredi 20 février EUR - 01H00 - Discours de C.Lagarde USA - 14H30 - Produit Intérieur Brut (T4) |




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