Le point hebdo des marchés
- 2 févr.
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Fed, un nouveau président en Or |
ETATS-UNIS |
La proposition de Donald Trump de nommer Kevin Warsh pour succéder à Jerome Powell a déclenché une réaction d'ampleur sur les marchés. Ancien gouverneur de la Fed entre 2006 et 2011, Warsh est perçu comme un profil crédible et orthodoxe, malgré sa proximité avec l’exécutif. Longtemps classé parmi les « faucons » de l’inflation, il plaide désormais pour une baisse rapide des taux directeurs et une réduction du bilan de la banque centrale. Cette inflexion a provoqué un débouclement massif de positions spéculatives, son profil étant jugé plus rassurant pour la crédibilité monétaire, ce qui a renforcé le dollar et entraîné une remontée des rendements, au détriment des actifs non rémunérés. L’or a ainsi chuté de plus de 10 %, repassant sous 5 000 dollars l’once, tandis que l’argent a plongé de près de 30 %, un mouvement d’ampleur historique. |

IRAN / ETATS-UNIS Après plusieurs semaines de tensions alimentées par des menaces explicites d’intervention militaire, Donald Trump a opéré un changement de ton en affirmant privilégier la recherche d’un accord avec Téhéran afin d’éviter un conflit armé. Cette déclaration fait suite à une mise en garde du guide suprême iranien, Ali Khamenei, évoquant le risque d’une « guerre régionale » en cas d’attaque américaine. Les prix du brut ont rapidement intégré ce signal d’apaisement, entraînant une correction significative du Brent et du WTI, effaçant la prime de risque géopolitique constituée ces dernières semaines. Le mouvement reflète l’éloignement du scénario d’une perturbation de l’offre iranienne ou d’un blocage du détroit d’Ormuz, axe stratégique par lequel transite près de 20 % du brut mondial.
ENTREPRISES • Big Tech – l’IA scrutée à l’aune du retour sur investissement La saison de résultats confirme un net durcissement du regard des marchés, désormais centrés sur le retour sur investissement des dépenses liées à l’IA. Microsoft en est l’illustration la plus claire : malgré une croissance solide (CA 81,3 Md$, +17 % ; Azure +39 %), l’explosion des capex à 37,5 Md$ sur le trimestre (+66 %) alimente des interrogations persistantes sur le rythme et la visibilité de la monétisation. À l’inverse, Meta bénéficie d’une lecture nettement plus favorable, l’IA ayant déjà un impact mesurable sur les revenus publicitaires (CA 59,9 Md$, +24 % ; prix des annonces +6 %, impressions +18 %), rendant acceptable une trajectoire d’investissements très agressive. Nvidia reflète cette exigence accrue, le gel du projet d’investissement massif dans OpenAI signalant une discipline renforcée du capital. Apple reste en marge de ces débats, portée par des moteurs éprouvés (CA 143,8 Md$, +16 % ; marge brute attendue 48–49 %). Tesla, enfin, est perçue comme un pari de long terme : malgré un free cash-flow de 1,42 Md$, l’ampleur des capex IA (>20 Md$ attendus en 2026) et les synergies évoquées avec l’écosystème SpaceX renforcent l’idée d’une stratégie ambitieuse mais encore faiblement lisible en termes de retour économique immédiat.
• SAP – Croissance du cloud confirmée, mais déception sur le rythme et la visibilité SAP a clos 2025 avec un chiffre d’affaires de 36,8 Md€, en hausse de +8 % (+11 % à taux de change constants). La croissance est tirée par le cloud, dont les revenus atteignent 21,0 Md€, en progression de +23 %, principalement grâce aux logiciels de gestion en ligne du groupe (finance, ressources humaines, achats, logistique), dont les ventes cloud augmentent de +28 %. Le carnet de commandes cloud s’établit à 77,3 Md€ (+30 %), mais sa composante à court terme progresse de +25 %, légèrement en deçà des attentes. Au quatrième trimestre, le chiffre d’affaires ressort à 9,68 Md€, inférieur aux prévisions (9,75 Md€), déclenchant une forte correction boursière. Si la rentabilité dépasse les attentes (EBIT 2025 : 10,4 Md€, +31 % à change constant), le marché s’inquiète d’un ralentissement progressif du cloud et d’une monétisation encore incertaine des offres d’intelligence artificielle, malgré un discours stratégique ambitieux. • Sanofi – résultats en hausse, portés par Dupixent Sanofi a clos l’exercice 2025 sur une performance solide, avec un chiffre d’affaires de 43,6 Md€, en hausse de +9,9 % à taux de change constants, et un BNPA des activités de 7,83 €, en progression de +15 %. Le quatrième trimestre marque une accélération notable, avec des ventes en hausse de +13,3 % et un BNPA des activités de 1,53 € (+26,7 % à TCC). La dynamique est portée par Dupixent, dont les ventes atteignent 15,7 Md€ sur l’année (+25,2 %), et par les nouveaux lancements, en croissance de +49 % au T4. Le free cash-flow s’élève à 8,1 Md€, tandis que le groupe propose un dividende de 4,12 € (+5,1 %). Pour 2026, Sanofi vise une croissance du chiffre d’affaires à un chiffre élevé et un BNPA des activités en progression légèrement supérieure. • LVMH – Solidité financière confirmée dans un environnement plus exigeant En 2025, LVMH a réalisé 80,8 Md€ de ventes, en recul de -5 % en publié et de -1 % en organique, avec une amélioration progressive au second semestre et une croissance organique de +1 % au quatrième trimestre. Le résultat opérationnel courant s’établit à 17,8 Md€, soit une marge de 22 %, pénalisée par un impact de change défavorable. Le résultat net part du groupe atteint 10,9 Md€. La génération de trésorerie demeure solide, avec un cash-flow disponible de 11,3 Md€ (+8 %) et une dette financière nette ramenée à 6,9 Md€, confirmant la robustesse du bilan. Par métiers, la distribution sélective, portée par Sephora, affiche une croissance organique de +4 %, tandis que les Montres & Joaillerie progressent de +3 %, illustrant la capacité du groupe à préserver ses relais de croissance.
• ASML – Exercice record et un carnet de commandes historique ASML a réalisé en 2025 une année record, avec des ventes nettes de 32,7 Md€, en hausse marquée par rapport à 2024, et un résultat net de 9,6 Md€. La marge brute s’établit à 52,8 %, confirmant le fort levier opérationnel du modèle. Le quatrième trimestre ressort particulièrement solide, avec 9,7 Md€ de chiffre d’affaires et des commandes nettes record de 13,2 Md€, dont 7,4 Md€ en systèmes EUV, technologie clé pour les puces avancées liées à l’intelligence artificielle. Le carnet de commandes atteint 38,8 Md€ en fin d’année, offrant une visibilité élevée. ASML propose un dividende de 7,50 € par action (+17 %) et lance un programme de rachat d’actions de 12 Md€, reflétant la solidité de sa génération de trésorerie.
ÉTATS-UNIS Les États-Unis sont entrés samedi à minuit dans un « shutdown » budgétaire partiel, après le refus des démocrates d’adopter le budget du Department of Homeland Security (DHS), le ministère de la Sécurité intérieure, avant l’échéance du 31 janvier. Ce département regroupe notamment la police de l’immigration (ICE), la protection des frontières, la sécurité des transports et la gestion des crises. Le blocage porte principalement sur le financement et l’encadrement des pouvoirs de l’ICE, au cœur des tensions politiques après plusieurs tirs mortels d’agents fédéraux à Minneapolis. Un accord de principe a toutefois été trouvé au Sénat, avec l’adoption d’un texte par 71 voix contre 29, dissociant temporairement le budget du DHS du reste des dépenses fédérales. Le DHS bénéficie de deux semaines de financement transitoire, tandis qu’un vote final à la Chambre est attendu lundi, laissant espérer une paralysie de courte durée, aux effets économiques immédiats limités.
CANADA / ETATS-UNIS Washington a ouvert un nouveau front commercial contre Ottawa en menaçant de retirer la certification américaine des avions de Bombardier et d’imposer des droits de douane de 50 % sur tous les aéronefs fabriqués au Canada. Cette initiative, portée par Donald Trump, vise à faire pression sur le Canada après le refus de Transports Canada de certifier plusieurs jets du constructeur américain Gulfstream. L’enjeu est majeur pour Bombardier : plus de la moitié de ses livraisons sont réalisées aux États-Unis, et sans certification américaine, des modèles clés comme les Global 7500 et Global 8000 ne pourraient ni être livrés ni exploités sur ce marché. Si un retrait formel de certification apparaît juridiquement fragile, un durcissement des procédures ou un gel administratif suffirait à retarder les livraisons et à perturber un secteur où les cycles de vente s’étendent sur 18 à 24 mois. L’épisode illustre la politisation croissante des mécanismes réglementaires dans les tensions commerciales nord-américaines, avec un risque industriel immédiat pour le groupe canadien. |
AGENDA ÉCONOMIQUE Lundi 2 février EUR - 9H50 - PMI manufacturier France USA - 15H45 - PMI manufacturier Etats-Unis
Mardi 3 février FRA - 8H45 - Prix à la consommation France
Mercredi 4 février EUR - 9H50 - PMI services France EUR - 11H00 - Prix à la consommation Europe USA - 15H45 - PMI services Etats-Unis USA - 16H30 - Stocks de pétrole brut
Jeudi 5 février GBP - 13H00 - Décision de la BoE - Taux d'intérêt EUR - 14H15 - Décision de la BCE - Taux d'intérêt EUR - 16H15 - Discours du président C.Lagarde
Vendredi 6 février USA - 14H30 - Taux de chômage |




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