Le point hebdo des marchés
- Vincent Cartier
- 1 déc. 2025
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : 15 déc. 2025
Ukraine, Fed & Budgets Européens |
UKRAINE |
Andriy Yermak, chef de cabinet de Zelensky et véritable pivot du pouvoir, a démissionné après une perquisition liée à un vaste scandale dans l’énergie, alors même qu’il pilotait la révision du « plan Trump ». Sa chute prive Européens et Américains de leur interlocuteur clé en pleine renégociation du texte. Steve Witkoff, l’envoyé spécial de Donald Trump, joue désormais un rôle central : sa proximité avec Moscou, ses échanges directs avec les conseillers de Poutine et son départ imminent pour Moscou nourrissent les inquiétudes quant à l’équilibre du plan. Trump assure qu’un accord est « possible », tout en soulignant que le scandale « n’aide pas ». Zelensky, sous pression militaire et politique, se rend à Paris pour resserrer le soutien européen. |

ETATS-UNIS Les investisseurs, jusque-là hésitants, anticipent désormais clairement une baisse de 25 pb lors de la réunion des 9-10 décembre, soutenus par l’absence de discours dissuasif de la Fed avant l’entrée en période de silence et par un Livre beige signalant un affaiblissement supplémentaire du marché du travail, tandis que les risques d’inflation restent inchangés. Les prochaines statistiques – publiées après la réunion – ne pourront plus modifier cette dynamique. En parallèle, la succession de Jerome Powell se précise : Kevin Hassett apparaît favori face à Christopher Waller, jugé moins influençable par la Maison-Blanche.
ENTREPRISES • Nvidia – Google ouvre une brèche dans la domination mondiale des puces IAGoogle frappe au cœur du leadership de Nvidia en entraînant Gemini 3 exclusivement sur ses TPU, des processeurs spécialisés conçus pour les calculs massifs des réseaux neuronaux et nettement moins coûteux que les GPU polyvalents de Nvidia. Leur montée en puissance attire déjà de grands acteurs du numérique, et plusieurs groupes étudient leur adoption à grande échelle, ce qui a provoqué une chute instantanée de plus de 100 Md$ de capitalisation pour Nvidia. Grâce à cette intégration verticale, Google bénéficie d’un avantage économique considérable, renforçant son rôle clé dans l’infrastructure mondiale de l’IA. Toutefois, Nvidia conserve un levier déterminant : son écosystème logiciel devenu standard de l’industrie. La brèche est réelle, mais la domination n’est pas encore renversée. • Airbus – Immobilisation des A320 : un rappel mondial majeur, maîtrisé en vingt-quatre heuresAirbus a ordonné l’arrêt immédiat d’environ 6.000 A320 après la mise en évidence d’une vulnérabilité logicielle pouvant entraîner une corruption des données de commande de vol sous l’effet de radiations solaires intenses. L’incident initial, survenu fin octobre sur un vol JetBlue, a révélé qu’une mise à jour récente pouvait favoriser des corruptions de données critiques. Si jusqu’à 6.000 appareils étaient potentiellement concernés, les vérifications ont ramené ce nombre à environ 1.500 unités. Les compagnies ont appliqué durant la nuit un retour à la version précédente du logiciel, permettant une reprise quasi totale des vols dès le lendemain. • Axa – Prise de contrôle de Prima et renforcement stratégique en ItalieAxa a finalisé l’acquisition d’une participation majoritaire de 51 % dans l’assureur italien Prima pour 500 millions d’euros, une opération qui lui permettra de doubler quasiment la taille de son activité automobile en Italie. Le groupe prévoit d’exercer son option d’achat sur le solde du capital en 2029 ou 2030, confirmant sa volonté d’intégrer pleinement cette plateforme en forte croissance. La transaction entraînera un impact de 6 points sur le ratio Solvabilité II. Prima renforcera également la position d’Axa sur le canal de distribution directe, un segment stratégique pour le groupe, qui représentait déjà 3,5 milliards d’euros de primes en 2024. Cette acquisition marque une étape importante dans son expansion européenne. • Rémy Cointreau – Retour annoncé à la croissance et plan de transformation ambitieuxRémy Cointreau anticipe un rebond au second semestre après un début d’exercice marqué par la faiblesse persistante du cognac haut de gamme aux États-Unis et en Chine. Le nouveau directeur général, Franck Marilly, arrivé en juin, lance un plan en cinq axes : réorganisation interne, redéploiement commercial, recentrage des marques, stratégie de valeur ajustée et révision du modèle d’investissement. Au premier semestre, le chiffre d’affaires recule de 8,3 %, le résultat opérationnel courant de 26,2 % et la marge de 27,6 % à 22,2 %. Le groupe vise néanmoins une croissance organique située entre 0 % et 4 % sur l’exercice et une baisse du résultat opérationnel limitée à 11–15 %.
ROYAUME-UNI Alors que les finances publiques demeurent sous forte tension — avec une dette proche de 95 % du PIB et un déficit supérieur à 5 % — Rachel Reeves présente un budget prévoyant 26 milliards de livres de recettes supplémentaires sur cinq ans. Le gel des seuils d’imposition est prolongé jusqu’en 2030, maintenant le seuil de 40 % à 50 270 £, ce qui alourdira la facture fiscale pour des centaines de milliers de ménages. Les plans de retraite, les propriétés dépassant 2 millions de livres et les véhicules électriques seront davantage mis à contribution. Parallèlement, la chancelière rétablit des prestations sociales, relève le salaire minimum de 4,1 % (à 12,71 £) et augmente la retraite de base de 4,8 %. Le niveau des prélèvements atteindra 38 % du PIB, un seuil sans précédent depuis l’après-guerre.
ALLEMAGNE Le Parlement allemand a adopté un budget 2026 de 524,5 milliards d’euros, incluant 58,3 milliards d’investissements directs. En intégrant les fonds spéciaux consacrés aux infrastructures, au climat et à la défense, l’effort total atteint 126,7 milliards d’euros, soit +10 % sur un an. Le recours à la dette atteint près de 98 milliards dans le budget fédéral, mais dépasse 180 milliards lorsqu’on inclut les emprunts des fonds spéciaux, rendus possibles par le mécanisme d’exemption adopté en mars. Ce dispositif complète le fonds hors budget de 500 milliards lancé en début de mandat pour moderniser l’économie. Berlin mise sur cet arsenal pour relancer la croissance, soutenir l’industrie et accompagner la transition énergétique, en attendant une seconde vague de réformes en 2026.
FRANCE L’impasse autour du budget 2026 ravive l’hypothèse d’une adoption par ordonnance, prévue par l’article 47 lorsque le Parlement ne se prononce pas dans les 70 jours. Contrairement à la loi spéciale, limitée à la seule continuité de l’État, l’ordonnance pourrait mettre en vigueur l’intégralité du projet gouvernemental, sans vote et potentiellement sans les amendements adoptés. Jamais utilisée sous la Ve République, cette procédure soulève plusieurs zones d’ombre : périmètre exact du texte, degré d’intégration des modifications parlementaires, nécessité d’un collectif ultérieur. Son activation placerait Sébastien Lecornu dans une position délicate, alimentant les critiques de passage en force et exposant l’exécutif à un risque immédiat de motion de censure. |
AGENDA ÉCONOMIQUE Lundi 1er décembre USA - 15H45 - PMI manufacturier
Mardi 2 décembre USA - 02H00 - Discours du président de la FED EUR - 11H00 - Indice des prix à la consommation
Mercredi 3 décembre EUR - 09H30 - Discours de la Présidente de la BCE USA - 14H15 - Création d'emplois non agricoles EUR - 14H30 - Discours de la Présidente de la BCE USA - 15H45 - PMI Services USA - 16H00 - PMI non manufacturier EUR - 18H00 - Discours de la Présidente de la BCE
Jeudi 4 décembre USA - 14H30 - Inscriptions hebdo. au chômage
Vendredi 5 décembre USA - 14H30 - Indice des prix à la conso. des ménages |



Commentaires